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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Avec son premier long-métrage, Des lendemains qui chantent, Nicolas Castro livre une chronique drôle mais amère des années 80/90 en France, la "génération Mitterrand". Avec un casting savoureux, le film balaie les espoirs déçus du socialisme français.

"Des lendemains qui chantent", un film de Nicolas Castro

Olivier et Léon, deux frères qui sont montés à Paris et que la vie a éloigné... Si le premier se voit comme un journaliste sans concessions, le second est un communicant ambitieux et opportuniste. Noémie, une charmante conseillère présidentielle, n’arrive pas, au fil des ans, à choisir entre eux. Sous le regard amusé de Sylvain, leur ami d’enfance, qui a fait fortune dans le minitel rose, leurs destins se croisent sur 20 ans, s’entremêlent, au cours d’une épopée drôle, tendre et nostalgique, dans les années 80/90.

 

"Ne croyons plus aux lendemains qui chantent, changeons la vie ici et maintenant." Tel était l'hymne du Parti Socialiste au Congrès de Nantes de 1977, en préparation de la Présidentielle de 1981 qui allait voir l'élection du premier président socialiste de la Cinquième République, François Mitterrand. Nicolas Castro est né dans ces années-là et a donc grandi en pleine "génération Mitterrand", les années 80, synonyme de changements dans la société mais aussi de fric et de bling bling. Déjà, dans des documentaires (Mon curé chez les bidasses, L'âge d'or du X, Michel Rocas, roi du nanar ?), le réalisateur avait abordé cette période si particulière. Mais avec Des lendemains qui chantent, son premier long-métrage, il dessine une fresque sur vingt ans, entre l'élection de Mitterrand le 10 mai 1981 et l'échec traumatisant de Lionel Jospin au premier tour de la Présidentielle le 21 avril 2002.

 

Le film suit le parcours de deux frères (Pio Marmaï, merveilleux, et Gaspard Proust), politisés, fils d'un ouvrier stéphanois et qui vont prendre des chemins différents. Sans cynisme mais avec une certaine amertume, Castro montre le glissement de l'un du trotskisme au capitalisme effréné du monde de la com, alors que l'autre, journaliste, tentera (assez vainement la plupart du temps) de rester fidèle à ses idéaux. On retrouve des grands moments de télé revisités et avec des images de fiction intégrées aux archives de l'INA : interview choc de Mitterrand au moment des écoutes, débat houleux entre Bernard Tapie et Jean-Marie Le Pen… Si Bernard Tapie en prend plein la gueule pendant 90 minutes, c'est parce qu'il incarne parfaitement à lui seul les années 80, les années fric et les égarements de la gauche. Avec des seconds rôles pertinents (Laetitia Casta en avatar de Ségolène Royal, Ramzy en inventeur du minitel rose…), le film passe en revue avec beaucoup d'humour mais aussi des regrets la droitisation du Parti Socialiste et les déceptions successives qui ont mené à l'échec du 21 avril 2002, traumatisme historique de la gauche et tournant dans la vie politique française. Il manque bien au film un souffle qui en ferait une grande fresque générationnelle, mais on apprécie vraiment les qualités déployées. Une très bonne surprise, avec, en prime, une jolie BO signée Jeanne Cherhal.

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