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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Musique

Quatre ans après son premier album, Camélia Jordana revient avec Dans la peau, un disque élégant et étonnant qu'elle a écrit et composé aux côtés de son complice Babx. Un projet qui pourrait faire d'elle une grande dame de la chanson.

Camélia Jordana, "Dans la peau"

 

Finaliste malheureuse de la Nouvelle Star en 2009, Camélia Jordana a fait bien du chemin depuis le télé crochet. Son premier album s'est écoulé à plus de 160 000 exemplaires, porté par le tube Non non non (écouter Barbara) qui a squatté les radios en 2010. On a pu la voir aussi dans un petit rôle chez Pascale Ferran (le sublime Bird People sorti en juin 2014) et dans diverses collaborations (elle sera au théâtre dans une adaptation libre de La Bohème en novembre). Après quatre années d'absence discographique, elle annonce son retour au cours de l'été avec Dans la peau, premier extrait d'un album portant le même nom.

 

Ce nouveau disque, elle l'a entièrement pensé avec Babx, elle a même signé une demi-douzaine de chansons (paroles et musiques), Babx et Mathieu Boogaerts s'occupant de la plupart des autres morceaux. La ballade romantique décalée Comment lui dire ouvre le bal avec grâce, suivi du premier single, très radiophonique. On ne peut alors résister au groove de A l'aveuglette, en duo avec Babx et probablement le prochain extrait de ce disque.

Mais les deux pierres angulaires de cet album sont les deux petits chefs-d'œuvre en quatrième et cinquième positions. Ma gueule, complainte flirtant avec le trip-hop entièrement écrite par la chanteuse, est un cri identitaire ("Y a des fois où j'ai peur de ma gueule d'étranger, ma gueule qui sait pas où aller"). Un sommet de ce disque suivi d'une autre pépite, écrite et composée par Donia Berriri, pianiste de la chanteuse L, Illégale, aux arrangements somptueux et au texte plein de poésie ("La nuit est un dédale / Je porte en mon sein le scandale / Supporte les mains sales / Je suis illégale").

L'album alterne habilement chansons pop (Sarah sait -un tube en vue ?- ou La fuite) et douces mélopées (Miramar, Madi, Jeune homme -qui pourrait sortir des tiroirs de Françoise Hardy). En exergue de ce disque, la pochette mentionne une citation de Brigitte Fontaine ("J'ai vingt-six ans mais seulement quatre d'utiles") à qui est très certainement dédiée la très belle piste finale Brigitte dit vrai. Avec ce deuxième album, Camélia Jordana, 22 ans, s'impose comme une nouvelle valeur sûre dans le paysage de la chanson française, à la fois populaire et exigeante. L'aspect moins immédiatement évident de ce disque ne lui permettra peut-être pas d'atteindre les chiffres de son prédécesseur, mais il est émouvant de voir une si jolie carrière naître sous nos yeux.

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