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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Très remarqué lors de l'édition 2014 de la Semaine de la Critique, L'institutrice est le deuxième long-métrage de Nadav Lapid. Une belle mise en scène pour un film sur le mystère de la création qui s'avère un peu ennuyeux et un peu poseur parfois.

"L'institutrice", un film de Nadav Lapid

Une institutrice décèle chez un enfant de 5 ans un don prodigieux pour la poésie. Subjuguée par ce petit garçon, elle décide de prendre soin de son talent, envers et contre tous.

Nadav Lapid a étonné en 2011 avec son premier film, Le policier. Son nouveau long-métrage porte encore une fois le nom d'un métier du service public, L'institutrice. Le film s'intéresse à la poésie, celle d'un enfant à la sensibilité très précoce, et, en creux, à l'état dans lequel se trouve Israël, entre conflits, entre tradition et modernité. Une institutrice passionnée de poésie, Nira, se prend (s'éprend) de fascination pour un jeune élève de cinq ans qui écrit, ou plutôt récite à sa nounou, des poésies stupéfiantes. Aucun enfant de cet âge ne semble en mesure d'écrire de telle chose, d'employer des termes aussi pointus et d'avoir une telle science de la complexité humaine,  bref, le point de départ du film est improbable, mais soit. Nadav Lapid tente d'alerter sur l'ultra-libéralisme de son pays (et du monde actuel) qui ne laisse plus de place à la poésie.

 

Les plans-séquences remarquablement étudiés font de la première partie de ce film un plaisir. L'observation, car ici tout est question de regard, devient fascination et le rapport ambigu entre une institutrice borderline et un élève surdoué un peu étrange, conscient de l'importance que l'on accorde à ses mots mais jamais en demande de cette attention portée. Mais le film se perd parfois dans de la pure mise en scène qui tourne à vide car l'invraisemblance du point de départ finit par se faire sentir. Cette institutrice pourrait être comparée, toutes proportions gardées, aux illuminés qui en arrivent à se faire exploser au milieu d'un marché. Aveuglée par son obsession et ses intentions, si bonnes soient-elles à l'origine, Nira va basculer dans la radicalité et s'engager sur une voie dangereuse. L'enfant se laisse faire, bien heureux de trouver une mère de substitution (sa mère est absente et son père ne s'occupe pas de lui), avant de comprendre, enfin, le piège dans lequel il est. Nadav Lapid manie bien la caméra et gère la tension dramatique mais l'ennui s'installe peu à peu jusqu'à un dénouement un brin grand-guignolesque, et c'est dommage.

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