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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Pour son nouveau film, Anton Corbijn adapte Un homme très recherché de John Le Carré dans un thriller d'espionnage porté par feu Philip Seymour Hoffman. Un scénario habilement construit comme une partie d'échecs pour un film qui reste souvent trop figé.

"Un homme très recherché", un film de Anton Corbijn

Plus de dix ans après les attentats du 11 Septembre 2001, la ville de Hambourg a du mal à se remettre d’avoir abrité une importante cellule terroriste à l’origine des attaques contre le World Trade Center. Lorsqu’un immigré d’origine russo-tchétchène, ayant subi de terribles sévices, débarque dans la communauté musulmane de Hambourg pour récupérer la fortune mal acquise de son père, les services secrets allemands et américains sont en alerte. Une course contre la montre s’engage alors pour identifier cet homme très recherché : s’agit-il d’une victime ou d’un extrémiste aux intentions destructrices ?

John Le Carré a été adapté de nombreuses fois au cinéma, avec plus ou moins de succès. L'adaptation de son roman Un homme très recherché, paru en 2008, s'est fait avec son approbation et ses deux fils sont d'ailleurs coproducteurs du film. C'est Anton Corbijn qui en a récupéré la réalisation. Vidéaste de talent pour Depeche Mode (une bonne vingtaine de clips), Nirvana, U2 ou Red Hot Chili Peppers, Corbijn s'est lancé dans le cinéma avec Control, magnifique biopic de Ian Curtis (leader originel de Joy Division), en 2007. Ce thriller d'espionnage est aussi l'un des derniers rôles de Philip Seymour Hoffman, décédé en février 2014. Le film repose en grande partie sur sa prestation d'agent cynique, alcoolique, dépressif et au corps lourd.

 

La mise en scène respecte l'univers de John Le Carré : froid, à la précision chirurgicale et marqué par la lutte contre le bloc communiste. Après des intrigues autour de la Guerre Froide, Le Carré s'attaque aux extrémistes post 11 septembre, dans la ville d'Hambourg où les kamikazes se formèrent pour les attentats de 2001. Un jeune tchétchène est soupçonné de fomenter un acte terroriste, la cellule allemande dirigée par Seymour Hoffman est sur les dents, tout comme la police locale et l'ambassade des Etats-Unis, représentée par l'excellente Robin Wright. En fait de terroriste, le jeune tchétchène s'avère un musulman très convaincu mais rejetant la violence et l'argent sale de son père. Qu'importe, il servira d'alibi pour attraper des mécènes du terrorisme international. Anton Corbijn met en scène un univers de trahisons permanentes, de bluff et de faux semblants. Le film est de bonne facture, très académique, et ravira les amateurs du genre, ainsi que les nombreux admirateurs du regretté Philip Seymour Hoffman. Il manque tout de même un soupçon d'audace.

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