Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

D'inspiration autobiographique, Lilting, ou la délicatesse est le premier long-métrage de Hong Khaou. Le film, fragile, oscille entre un deuil impossible et la question de l'intégration. Une belle sensibilité et le talent des acteurs, dont Ben Whishaw, font oublier les maladresses.

 

"Lilting, ou la délicatesse", un film de Hong Khaou

Londres. Dans une maison de retraite, Junn, une mère sino-cambodgienne pleure la disparition de son fils, Kai. Son deuil est dérangé par l’arrivée soudaine de Richard. Elle ne sait pas ou ne veut pas savoir qu’il a été le compagnon de Kai. Ils ne parlent pas la même langue mais, aidés d’une interprète, vont essayer de communiquer dans le souvenir de celui qu’ils ont aimé.

 

 

Le réalisateur anglais Hong Khaou s'est installé avec ses parents à Londres au milieu des années 80, alors qu'il n'avait que 8 ans. Sa mère ne parlant pas anglais, le jeune homme est son seul lien avec le monde extérieur. "Qu’aurait été sa vie si son seul lien avec l’extérieur avait disparu – comment s’en serait-elle sortie ?" s'interroge-t-il au moment d'écrire le scénario de Lilting, son premier long-métrage. Sino-cambodgienne, Junn vit seule dans une maison de retraite où son fils unique Kai (Andrew Lung, révélation du film) vient lui rendre visite régulièrement sans jamais pouvoir lui dire qu'il vit une histoire d'amour avec Richard (Ben Whishaw, toujours magnétique) officiellement présenté comme son meilleur ami. La sexagénaire, qui redoute d'être abandonnée, déteste Richard. Il s'agit d'une jalousie ambigüe car elle ignore, ou fait semblant d'ignorer, l'homosexualité de son fils. Mais à la mort de Kai, avec l'aide d'une interprète, Richard va tenter de se rapprocher de sa belle-mère.

 

Le film se déroule presque intégralement en intérieur, dans l'appartement de Kai et Richard et surtout dans la maison de retraite de Junn. Les rencontres, difficiles, se mêlent aux souvenirs, diffus, des derniers instants de Kai, entre l'intimité sensuelle d'une chambre à coucher et les discussions, un peu houleuses mais dans le respect, avec une mère qui refuse de voir que celui qu'elle pense connaître mieux que quiconque lui échappe, forcément, sans pour autant perdre son amour. Hong Khaou évoque le deuil (et son égoïsme parfois) avec pudeur et justesse, mais aussi du déracinement, double chez Junn qui ne maîtrise pas la langue d'un pays qu'elle n'a jamais réussi à considérer comme le sien et qui ne s'habitue pas l'isolement d'une maison de retraite où la rencontre avec un vieux monsieur anglais pourrait pourtant lui redonner le sourire. Un film fragile, parfois maladroit, mais à la sensibilité profonde.

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog