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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Avec son quatrième long-métrage, Eden, Mia Hansen-Løve rend hommage à la jeunesse et à ses désillusions, à travers une évocation de la naissance de la French Touch, courant musical majeur des années 90 et 2000. Un portrait générationnel touchant mais sans assez d'enjeux.

"Eden", un film de Mia Hansen-Løve

Au début des années 90, la musique électronique française est en pleine effervescence. Paul, un DJ, fait ses premiers pas dans le milieu de la nuit parisienne et créé avec son meilleur ami le duo «Cheers». Ils trouveront leur public et joueront dans les plus grands clubs de la capitale. C’est le début pour eux d’une ascension euphorique, vertigineuse, dangereuse et éphémère. C’est aussi le parcours sentimental d’un jeune homme qui accumule les histoires d’amour et qui n’arrive pas à construire. Eden tente de faire revivre l’euphorie des années 90 et l’histoire de la French Touch : cette génération d’artistes français qui continue de briller dans le monde entier.

 

 

Mia Hansen-Løve a coécrit ce nouveau film avec son frère, Sven, qui est aussi la source d'inspiration majeure de ce biopic très particulier, celui d'un quasi-inconnu, portant haut le drapeau du mouvement musical dont il est un des accoucheurs, la French Touch, aujourd'hui célébrée dans le monde entier. Le frère de la réalisatrice, Sven, est connu dans le milieu de la musique électro pour être le fondateur des soirées Cheers, entre autres, et de l'émergence du mouvement House Garage en France. Eden est le premier film s'intéressant pleinement à la French Touch, dont les plus illustres ambassadeurs sont Daft Punk ou Cassius. Mais Mia Hansen-Løve, au-delà de ce courant musical qu'elle connaît, dresse le portrait d'un jeune homme dont la descente aux enfers sera proportionnelle à l'ascension des artistes satellitaires.

 

En arrière-plan, de loin en loin, le film, qui s'étale de 1992 à 2013, observe l'ascension des Daft Punk, tandem phénoménal à la carrière hors norme, grâce à la créativité et au sens du marketing de Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, ici incarnés par Vincent Lacoste et Arnaud Azoulay, avec un running-gag sur leur difficulté à rentrer en clubs en tant que clients… La trajectoire de Paul (Félix de Givry, un débutant convaincant, plus habitué des nuits parisiennes que des plateaux de cinéma pour l'instant) est calquée sur celle de Sven Løve, comme un roman d'apprentissage. Après des débuts en fanfare, il va glisser sur une longue pente menant à l'endettement et à la dépression. Le portrait est touchant, la BO est géniale (un best of de house et des morceaux des Daft Punk), mais Eden manque d'enjeu, peut-être parce que sa réalisatrice semble toujours rester dans l'ombre de la fantasmagorie de cette époque. Au flamboyant des soirées, elle préfère la demi-teinte et la mélancolie, choix respectable mais qui, en l'occurrence, coupe les jambes d'un film un peu trop long (2h10 discutables).

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