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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

David Ayer signe Fury, un film de guerre en pleine débâcle allemande à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Un film habilement construit sur l'horreur de la guerre mais aussi ses conséquences sur les hommes.

"Fury", un film de David Ayer

Avril 1945. Les Alliés mènent leur ultime offensive en Europe. À bord d’un tank Sherman, le sergent Wardaddy et ses quatre hommes s’engagent dans une mission à très haut risque bien au-delà des lignes ennemies. Face à un adversaire dont le nombre et la puissance de feu les dépassent, Wardaddy et son équipage vont devoir tout tenter pour frapper l’Allemagne nazie en plein cœur…

 

 

Les films de guerre sont légion, notamment sur le conflit de 39-45. Mais le film de David Ayer se situe dans un espace et une période assez peu explorée, l'Allemagne en déroute en avril 1945, à quelques jours de l'Armistice. Le réalisateur se justifie : "La guerre est quasiment finie et le régime nazi est moribond. C’est un cadre très différent de celui des films de guerre où l’on célèbre les manœuvres victorieuses impliquant les troupes américaines, comme le débarquement en France, les avancées en Europe ou encore la bataille des Ardennes. On oublie souvent la période où le nazisme rend son dernier souffle, face à des soldats américains épuisés par des années de guerre et en manque d’effectifs."

 

Dès les premières images de Fury, une chose frappe : David Ayer (avec son chef op Roman Vasyanov) est un excellent filmeur. On s'en rendra compte durant tout le film et notamment une bataille d'anthologie entre deux tanks, une des séquences les plus impressionnantes du film. Au-delà des scènes de combat, très réussies, et d'une morale un peu simpliste (la guerre, c'est laid, mais il faut parfois en passer par là pour le "bien"), David Ayer nous montre les conséquences de la guerre sur les hommes. L'équipe de "tankistes" emmenée par Brad Pitt est aussi soudée que traumatisée par des années de combats, de peur, de blessures et de morts violentes. Le film creuse le rapport ambigu à la violence, entre horreur et jouissance ("Tu le tues ou il te tue"), et brille par son interprétation excellente (le très pieux Shia LeBeouf, la tête brûlée Jon Bernthal, le meneur Brad Pitt et le bleu-bite Logan Lerman). Seule ombre au tableau, une (longue) séquence insupportable où les soldats s'invitent à déjeuner chez deux jeunes allemandes terrorisées. Le film veut nous faire à une histoire d'amour naissante entre le plus jeune soldat, qui doit se "déniaiser" pour devenir un homme, et une jeune fille allemande qui s'offre à lui avec le sourire, alors qu'il s'agit d'un viol qui ne dit pas son mot. Cette séquence gênante entache une œuvre qui se hisse pourtant parmi les meilleurs films de guerre vus ces dernières années.

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