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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Paolo Virzi dépeint une certaine Italie, riche et décadente, dans Les opportunistes, son nouveau long-métrage, multi-récompensé dans son pays. Un portrait cruel et cynique porté par un casting formidable.

"Les opportunistes", un film de Paolo Virzi

Près du Lac de Côme en Italie. Les familles de la richissime Carla Bernaschi et de Dino Ossola, agent immobilier au bord de la faillite, sont liées par une même obsession : l'argent. Un accident la veille de Noël va brutalement changer leurs destins.

 

 

Paolo Virzi a choisi d'adapter le roman Human Capital de l'écrivain américain Stephen Amidon. L'intrigue originale se situant dans le Connecticut, à l'Est des Etats-Unis, Virzi et ses coscénaristes ont déplacé l'action en Lombardie, près du Lac de Côme, dans le milieu de la riche bourgeoisie de province. Un agent immobilier un peu minable se réjouit de voir sa fille fréquenter un jeune homme issu d'une très riche et puissante famille, il va pouvoir profiter de la situation pour améliorer son quotidien. Mais elle se rebelle. Et un terrible accident survient la veille de Noël, faisant voler en éclats la tranquillité de ce petit monde.

 

Pour faire vivre son intrigue somme toute très classique, Paolo Virzi a fait le choix d'une narration à tiroirs, nous exposant la même histoire de trois points de vue différents (l'agent immobilier, sa fille et l'épouse de l'homme d'affaires), comme dans le film-matrice du genre, Rashomon. Au fil des points de vue, nous en apprenons un peu plus sur l'accident qui inaugure le film. Trahisons, corruption et magouilles à tous les étages : les plus jeunes et les moins fortunés sont toujours les premières victimes. Virzi est extrêmement sévère avec tous ces personnages, même ceux a priori, plus aimables, comme l'épouse de l'homme d'affaires, incarnée par Valeria Bruni Tedeschi (extraordinaire en Emma Bovary des temps modernes) ou la fille de l'agent immobilier. Ce regard acerbe sur la société en dit long sur l'état de l'Italie (du monde ?), d'où l'espoir et l'humanisme se sont envolés devant les sirènes de l'argent, obsession morbide. Avec Les opportunistes, Paolo Virzi signe un film à la fois jouissif et insoutenable.

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