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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Le scénariste Dan Gilroy signe sa première réalisation avec Night Call, porté par Jake Gyllenhaal, méconnaissable et fascinant. Un film sombre qui décrit le monde cynique des médias sensationnalistes et joue avec notre voyeurisme.

"Night Call", un film de Dan Gilroy

Branché sur les fréquences radios de la police, Lou parcourt Los Angeles la nuit à la recherche d’images choc qu’il vend à prix d’or aux chaînes de TV locales. La course au spectaculaire n'aura aucune limite...

 

 

Dan Gilroy a écrit plusieurs films et notamment le quatrième volet de la saga Jason Bourne, sorti en 2012. A 55 ans, il passe (enfin) derrière la caméra avec Night Call, sur lequel il fait d'ailleurs travailler sa famille : ses frères Tony et John à la production et au montage, ainsi que son épouse Rene Russo dans le rôle féminin principal. Le film, très stylisé, se concentre sur les médias sensationnalistes qui font fureur aux Etats-Unis, notamment dans les matinales des chaînes câblées. Les producteurs de ces émissions jouent sur le voyeurisme du public en montrant des scènes de violence captées lors d'agressions ou accidents, ainsi que sur la peur, entretenue car on ne manipule jamais si bien le peuple qu'en le maintenant dans les peurs qu'on lui a créées.

 

Lou (Jake Gyllenhaal, amaigri et effrayant) est un petit voleur minable qui cherche comment joindre les deux bouts en combinant quelques magouilles. Un soir, il assiste à une scène qui le marque profondément : alors que les secours tentent d'extraire une victime d'une voiture en flammes, un caméraman filme la scène pour la vendre aux chaînes de télé. C'est une révélation, il fera ce métier et fera fortune. Equipé d'une petite caméra et d'un scanner qui capte les fréquences de la police, Lou part en chasse chaque soir pour trouver (le premier) les scènes les plus sordides et les plus violentes. Il s'avère être particulièrement doué et on se rend vite compte que derrière l'opportuniste vénal se cache un sociopathe inquiétant. Il ne tue pas, certes, mais il traque les scènes de crime avec la même pulsion de mort. Sa petite entreprise cynique va fonctionner au-delà de ses espérances et la productrice télé (Rene Russo, de retour au cinéma) avec qui il travaille, prédatrice redoutable, va devenir une proie prise au piège de cet homme prêt à tout pour l'argent. Le film est terrifiant, la morale glissant sans cesse au-delà des limites, et Jake Gyllenhaal compose un des personnages les plus dérangeants vus ces dernières années.

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