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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

George Ovashvili signe un poème contemplatif avec son nouveau film La terre éphémère. Dans un paysage somptueux, la nature donne tout mais reprend souvent autant. Magnifique.

"La terre éphémère", un film de George Ovashvili

Sur le fleuve Inguri, frontière naturelle entre la Géorgie et l’Abkhazie, des bandes de terres fertiles se créent et disparaissent au gré des saisons. Un vieil Abkhaze et sa petite fille cultivent du maïs sur une de ces îles éphémères. Le lien intense qui les lie à la nature est perturbé par les rondes des garde-frontières.

 

 

Le cinéma géorgien n'est pas encore aussi développé que certains de ses voisins proches mais George Ovashvili, qui enseigne aussi dans son pays, a réuni des financements européens pour son nouveau film, La terre éphémère, inspiré d'un phénomène naturel sur le fleuve Inguri, aux confins de la Géorgie. Le réalisateur avait besoin de contrôler absolument son décor "naturel" et a donc fait construire une île sur le fleuve, lieu unique du tournage qui s'est déroulé sur trois saisons, relevant de nombreux défis techniques. Avec un chef opérateur en état de grâce (Elemer Ragalyi), le cinéaste géorgien filme le labeur d'un homme âgé venu construire sa cabane et cultiver le maïs sur cette "terre éphémère" avec sa petite-fille, en plein éveil des sens.

 

La mise en scène soignée et précise montre les gestes quotidiens, que l'on imagine répétés année après année, construisant ce qui sera démoli et recommençant encore pour subsister pendant l'hiver. Mais le fleuve est une frontière naturelle avec l'Abkhazie, région que se disputent la Géorgie et la Russie. On entend des coups de feu, des militaires (géorgiens, puis russes) patrouillent à la recherche d'un homme en cavale, des jeunes hommes ne sont pas insensibles à la beauté naissante de la petite-fille, qui semble découvrir sa sensualité. George Ovashvili ménage ses effets et applique une mise en scène sobre et élégante, en longs panoramiques et travellings, avec très peu de dialogues (les premiers mots sont prononcés après plus de vingt minutes). Chaque plan semble composé comme un tableau, avec des lumières naturelles saisissantes et variant au gré des saisons, avec un je-ne-sais-quoi rappelant Terrence Malick. Jamais ennuyeux, toujours fascinant, le film fascine par son équilibre et sa capacité d'apaisement et d'espoir face à la nature qui donne, reprend mais redonne à chaque fois.  

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