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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Angelina Jolie poursuit sa carrière de réalisatrice en adaptant l'histoire vraie d'un athlète olympique victime de la Seconde Guerre Mondiale. Invincible s'avère être une entreprise un peu balourde sur un héroïsme ultra-patriote et un destin bigger than life comme Hollywood les aime.

"Invincible", un film de Angelina Jolie

L'incroyable destin du coureur olympique et héros de la Seconde Guerre mondiale Louis "Louie" Zamperini dont l'avion s'est écrasé en mer en 1942, tuant huit membres de l'équipage et laissant les trois rescapés sur un canot de sauvetage où deux d'entre eux survécurent 47 jours durant, avant d'être capturés par la marine japonaise et envoyés dans un camp de prisonniers de guerre.

 

 

Angelina Jolie avait déjà filmé la guerre sous le prisme d'un parcours individuel et sentimental dans sa première réalisation, Au pays du sang et du miel, en plein conflit yougoslave. Avec Invincible, elle récidive dans cette voie, peu soucieuse de la portée politique mais attirée, comme Hollywood, par le courage et la persévérance d'un héros de guerre qui se répète comme une mantra "If I can take it, I can make it", autrement dit, "si je peux endurer ça, j'ai gagné". L'histoire vraie de Louis Zamperini a intéressé les studios hollywoodiens depuis les années 50 puis Universal voulait déjà développer le projet avec Tony Curtis en 1957. Plusieurs scénaristes et réalisateurs sont passés sur le projet jusqu'à ce que la version finale, signée par les frères Coen (oui, oui), ne tombe dans les mains d'Angelina Jolie, voisine californienne de Louis Zamperini, décédé par ailleurs à l'été 2014, après avoir eu le temps de voir le film qu'il avait conseillé, donc.

 

Le film démarre sur les chapeaux de roue avec un combat aérien (très réussi) au-dessus du Pacifique. Le héros (Jack O'Connell, jeune acteur anglais prometteur apprécié dans '71 et Les poings contre les murs) se remémore son enfance, dans l'Amérique en crise des années 30, alors qu'il est victime du racisme contre les "ritals". Il se rappelle comment sa volonté de fer et les encouragements de sa famille l'ont mené à gagner une médaille aux JO de 1936 organisés par le Troisième Reich. Mobilisé pendant la guerre, le voilà à combattre contre les "affreux Japonais" qui vont le faire prisonnier après qu'il a dérivé pendant plus d'un mois au milieu de l'océan suite à un crash aérien. Si ce n'était pas une histoire vraie, on n'y croirait pas, tant la réalisation en rajoute dans la souffrance et le martyr du jeune homme. C'est la limite du film, qui se borne à une flamme patriote (parfois douteuse, les Japonais passant par un peuple froid et cruel, sans la moindre nuance) attisée par le courage du héros ("If I can take it, I can make it") traité quasiment comme une figure christique (la scène de la "poutre" s'apparente au calvaire de Jésus). La -belle- photographie de Roger Deakins (chef op des frères Coen) n'y fait rien, le film se dilate à l'infini (2h20 qui pourrait faire 1h45 sans problème) et l'ennui finit par s'installer tant Angelina Jolie ne parvient (n'essaie pas ?) d'imprimer son style.

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