Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Produit par Pedro Almodovar, le troisième long-métrage de Damian Szifron, Les nouveaux sauvages, était en compétition lors du Festival de Cannes 2014. Un film à sketches inégal sur la vengeance et le pétage de plombs qui souffre de ses déséquilibres et de son prévisibilité.

"Les nouveaux sauvages", un film de Damian Szifron

L'inégalité, l'injustice et l'exigence auxquelles nous expose le monde où l'on vit provoquent du stress et des dépressions chez beaucoup de gens. Certains craquent. Les Nouveaux sauvages est un film sur eux. Vulnérables face à une réalité qui soudain change et devient imprévisible, les héros des Nouveaux sauvages franchissent l'étroite frontière qui sépare la civilisation de la barbarie. Une trahison amour, le retour d'un passé refoulé, la violence enfermée dans un détail quotidien, sont autant de prétextes qui les entraînent dans un vertige où ils perdent les pédales et éprouve l'indéniable plaisir du pétage de plombs.

 

 

Une comédie en compétition à Cannes, ce n'est pas la norme. Le troisième film de Damian Szifron (le premier à sortir dans les salles françaises) était sélectionné en mai 2014. Produit par les frères Almodovar, ce projet se veut dans la lignée des films à sketches du cinéma italien dans les années 60/70 (Les nouveaux monstres par exemple). On retrouve la satire du monde moderne et d'une société sous tension, mettant en avant les lâchetés et les humiliations quotidiennes que l'on peut subir dans sa vie sociale, professionnelle, administrative ou intime. L'exercice est périlleux et ces Nouveaux sauvages ne s'en sortent que partiellement.

 

Damian Szifron met en scène six segments dans l'Argentine d'aujourd'hui, cumulant la farce grossière et l'humour noir. L'introduction dans l'avion (rappelant le dernier film d'Almodovar, Les amants passagers) est très réussie, une bombe qui ouvre le film avec fracas. On se retrouve ensuite dans un restaurant sordide où va s'accomplir une vengeance longtemps enfouie, puis Szifron rend hommage à Duel, un des premiers films de Spielberg. Mais plus les sketches se déroulent, plus l'intérêt s'effrite, Szifron poursuivant le mauvais goût avec plus ou moins de bonheur. On rit finalement très peu, les situations étant trop grotesques et trop prévisibles pour susciter autre chose que l'ennui, et la réalisation est souvent franchement bâclée. Et puis il y a ce problème d'un populisme grondant, avec l'idée sous-jacente que l'humanité ne se réduit qu'à la mesquinerie et que les "sauvages", les idiots, les lâches sont toujours les autres. Une tarte à la crème qui finit par s'écraser contre le mur de notre indifférence.

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog