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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

David Oelhoffen réunit dans son deuxième long-métrage, Loin des hommes, Reda Kateb et Viggo Mortensen. Un face à face inédit et intense dans un film aux allures de western sur les prémices de la Guerre d'Algérie, inspiré d'une nouvelle de Camus.

"Loin des hommes", un film de David Oelhoffen

1954. Alors que la rébellion gronde dans la vallée, deux hommes, que tout oppose, sont contraints de fuir à travers les crêtes de l’Atlas algérien. Au cœur d’un hiver glacial, Daru, instituteur reclus, doit escorter Mohamed, un paysan accusé du meurtre de son cousin. Poursuivis par des villageois réclamant la loi du sang et par des colons revanchards, les deux hommes se révoltent. Ensemble, ils vont lutter pour retrouver leur liberté.

 

 

Le début de l'année 2015 est riche en actualité pour David Oelhoffen puisqu'il est à l'affiche avec deux films, L'affaire SK1 (lire l'article du 8 janvier 2015) comme coscénariste et Loin des hommes, sa deuxième réalisation pour le cinéma, près de dix ans après Nos retrouvailles. Le scénariste et réalisateur a choisi d'adapter (librement) Albert Camus à travers sa nouvelle L'hôte et son récit Chronique algériennes, paru en 1930 et relatant des conditions de vie déplorables des algériens en pleine colonisation. Pour cette rencontre improbable entre un instituteur pied noir (d'origine espagnol, les racines du personnage sont complexes mais utiles à la narration) et un jeune algérien accusé de meurtre et que le maître d'école doit remettre à la justice française, David Oelhoffen choisit les codes du western (justice, vengeance, tête mise à prix, grands espaces…) dans les somptueux paysages de l'Atlas.

 

Fidèle aux grands thèmes de Camus, le film suit le parcours de deux étrangers : l'instituteur (en français) a toujours vécu en Algérie mais ses parents étaient espagnols et le jeune prisonnier est traité comme un étranger par les colons et ne se sent plus en phase avec les traditions de son pays, dont il est la victime dans un cycle infini de vengeance. L'instit', qui vit isolé et "loin des hommes" depuis longtemps, ne se sent plus lui non plus en phase avec les siens, les européens, qui ont perdu tout sens de l'honneur. Le parcours des deux hommes va évidemment se muer en quête intérieure, quête spirituelle et combat pour la justice et la survie. En filigrane, c'est le début de la Guerre d'Algérie qui se dessine, en ce mois de novembre 1954. Sans opposer les "bons" et les "méchants", David Oelhoffen montre comment ce conflit est inexorable, somme d'échecs politiques et sociaux.

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