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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

John Boorman signe Queen and Country, inspiré de sa propre jeunesse. Entre comédie potache, récit initiatique et mélancolie, le réalisateur britannique livre ce qui ressemble à un formidable film testament.

"Queen and Country", un film de John Boorman

1952. Bill Rohan a 18 ans et l’avenir devant lui. Pourquoi pas avec cette jolie fille qu’il aperçoit sur son vélo depuis la rivière où il nage chaque matin ? Cette idylle naissante est bientôt contrariée lorsqu’il est appelé pour effectuer deux années de service militaire en tant qu’instructeur dans un camp d’entraînement pour jeunes soldats anglais en partance pour la Corée. Bill se lie d’amitié à Percy, un farceur dépourvu de principes avec lequel il complote pour tenter de faire tomber de son piédestal leur bourreau : le psychorigide Sergent Major Bradley. Tous deux parviennent néanmoins à oublier un peu l’enfermement et la discipline à l’occasion de rares sorties. Mais leur est-il encore possible d’y rencontrer l’âme sœur ?

 

 

Réalisateur du mythique Délivrance (1972), John Boorman avait disparu des écrans français depuis 2001, ses derniers films n'ayant pas été distribués dans l'Hexagone. Queen and Country est dans la continuité de Hope and Glory (1987) qui retraçait l'enfance du cinéaste. Ici, son alter ego Bill (incarné par l'excellent Callum Turner) a 18 ans quand il est appelé sous les drapeaux pendant la Guerre de Corée, au début des années 50. Il va passer deux ans dans une caserne près de Londres, se lier d'amitié avec Percy (Caleb Landry Jones, repéré dans Antiviral de Brandon Cronenberg), une jeune tête brûlée avec qui il va semer la zizanie, et découvrir la sexualité et les amours naissantes.

 

Le film, dans sa première partie, est une comédie potache comme on pensait qu'elle n'existerait plus jamais, presque une comédie de bidasses au comique troupier d'un autre temps mais réellement désopilant, notamment grâce à l'interprétation magistrale des acteurs, à commencer par l'hilarant et ultra-expressif Pat Shortt, qui incarne un planqué revendiqué et meilleur second rôle de ce Queen and Country. Pendant les permissions, Bill et Percy draguent, vont tout faire pour ne pas rester puceaux et échafaudent des plans pour se venger d'un supérieur sadique. Un vol d'horloge épique en sera le point d'orgue. Mais Boorman a l'intelligence de ne pas faire perdurer cette comédie trop longtemps et emmène son récit, peu à peu, vers une approche plus mélancolique, plus nostalgique, quand, pendant une permission puis après son passage dans l'armée, le jeune Bill revient chez ses parents et doit faire des choix pour son avenir. Prenant conscience, dans un hôpital, des conséquences de la guerre, le jeune héros va s'initier au cinéma, avec une petite caméra dont Boorman se sert avec une élégance incroyable dans une séquence finale réjouissante.

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