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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Ancienne adepte du Dogme95, Lone Scherfig revient avec l'adaptation d'une pièce londonienne à succès, The Riot Club. Sur un sujet intéressant (les excès de la jeunesse dorée), la réalisatrice s'égare.

"The Riot Club", un film de Lone Scherfig

Le Riot Club est réservé à l’élite de la nation. Ce cercle très secret d’Oxford fait de la débauche et de l’excès son modèle depuis 3 siècles. Miles et Alistair, deux étudiants en première année, ne reculeront devant rien pour avoir l’honneur d’en faire partie...

 

 

Laura Wade, jeune romancière britannique, a connu un grand succès avec sa pièce Posh, écrite en 2007. Elle signe elle-même l'adaptation pour le cinéma, confiant la réalisation à la danoise Lone Scherfig, appréciée pour son Italian for beginners (Ours d'argent en 2000) et pour Une éducation (2009), qui révéla Carey Mulligan. Laura Wade a observé -c'est le point de départ sa pièce- les étudiants fortunés et les traditions étranges des "clubs" existant dans les grandes universités britanniques (Oxford, Cambridge) : "Une des traditions de l’un de ces clubs m’a frappée, elle consiste à organiser un somptueux dîner au restaurant, puis de tout saccager et de payer pour les dégâts causés. J'ai ressenti cette histoire comme la métaphore de quelque chose de plus vaste."

 

Le "Riot Club", groupe fictif issu d'un lord libertin du XVIIIème tué par un mari jaloux, rassemble dix membres de la "haute", étudiants richissimes à Oxford (quand la voiture de sport est souillée de vomi, on l'abandonne) qui vont faire entrer deux nouvelles recrues dans leur groupe, avec les bizutages de rigueur, à l'unisson de leur hymne de beuverie "Carpe Fucking Diem". Tout un programme. De savoir que c'est Lone Scherfig, ancienne disciple de Thomas Vinterberg et Lars von Trier, qui réalise met l'eau à la bouche. D'autant plus qu'après une introduction un peu longuette, cette nouvelle bourgeoisie se retrouve en huis-clos dans un pub de province pour un jeu de massacre façon Festen. Seulement, le film n'est jamais vraiment subversif, se contentant de provocations "ultra light". Exemple : va-t-on faire venir une prostituée pour sucer ces messieurs sous la table ? Mais Lone Scherfig ne va jamais au bout de son intention, laissant le spectateur, dubitatif, assister à une longue joute verbale entre étudiants de plus en plus avinés, de plus en plus cyniques. Il ne reste pas grand-chose du Dogme et ce Riot Club s'embourbe dans un ennui poli et une mise en scène académique.

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