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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Vincent Garenq s'est intéressé à l'affaire Clearstream pour son nouveau film, L'enquête, avec Gilles Lellouche. Un thriller politico-financier bien documenté mais que l'absence de mise en scène prive de toute ampleur.

"L'enquête", un film de Vincent Garenq

2001. Le journaliste Denis Robert met le feu aux poudres dans le monde de la finance en dénonçant le fonctionnement opaque de la société bancaire Clearstream. Sa quête de vérité pour tenter de révéler "l'Affaire des affaires" va rejoindre celle du juge Renaud Van Ruymbeke, très engagé contre la corruption. Leurs chemins vont les conduire au cœur d'une machination politico-financière baptisée "l'affaire Clearstream" qui va secouer la Vème République.

 

 

Déjà, avec son précédent film, Présumé coupable, Vincent Garenq puisait son inspiration dans des faits réels et une affaire judiciaire de grande ampleur médiatique (l'affaire Outreau). Trois ans plus tard, c'est la très complexe affaire Clearstream qui a donné naissance à L'enquête. Au début des années 2000, le journaliste Denis Robert dévoile un vaste réseau d'évasion fiscale et de blanchiment d'argent, pensant tenir "le scoop du siècle". Il va apprendre, à ses dépens, qu'il ne fait pas bon remuer les affaires de marchés truqués (les commissions des frégates) et de comptes cachés. Contrairement au procès Outreau, l'affaire Clearstream n'a pas connu d'issue simple, avec condamnations et coupables identifiés : Clearstream attaque en diffamation, la justice n'a que peu de preuves et beaucoup de faux (la fameuse liste falsifiée qui coûta à Dominique de Villepin sa candidature à la Présidentielle de 2007).

 

Le film entreprend de montrer l'enquête de Denis Robert, mais seulement de son point de vue et avec ses zones d'ombre. Face à une affaire dont l'ampleur le dépasse, le journaliste est dépeint en justicier impuissant, mais Vincent Garenq s'arrête trop souvent à poser des questions sans aller en profondeur dans ce dossier complexe. A l'image de Denis Robert qui ne savait pas dans quoi il s'engageait, le réalisateur apparaît tout aussi désarçonné face aux manipulations et aux secrets. La mise en scène, sans grande personnalité, ne donne pas l'impression de vertige de son "héros" et, au final, on n'a pas le sentiment d'en apprendre plus sur ce scandale déjà très commenté en son temps. Si le film a le mérite de s'attaquer à un fait divers récent, le cinéma français attend toujours son grand film politique.

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