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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Grand Prix au Festival de Cannes 2014, Les merveilles est seulement le deuxième film de la réalisatrice Alice Rohrwacher. Un drôle de film, un peu bancal, mais touchant.

"Les merveilles", un film de Alice Rohrwacher

Dans un village en Ombrie, c’est la fin de l’été. Gelsomina vit avec ses parents et ses trois jeunes sœurs, dans une ferme délabrée où ils produisent du miel. Volontairement tenues à distance du monde par leur père, qui en prédit la fin proche et prône un rapport privilégié à la nature, les filles grandissent en marge. Pourtant, les règles strictes qui tiennent la famille ensemble vont être mises à mal par l’arrivée de Martin, un jeune délinquant accueilli dans le cadre d’un programme de réinsertion, et par le tournage du « Village des merveilles », un jeu télévisé qui envahit la région.

 

 

Alice Rohrwacher, née d'un père allemand et d'une mère italienne, a grandi aux confins de l'Ombrie et la Toscane. Après un premier film de fiction, Corpo celeste, en 2011, la réalisatrice a surpris les pronostics en recevant pour Les merveilles le prestigieux Grand Prix, attribué par le jury présidé par Jane Campion. Avec ce film, d'une lointaine inspiration autobiographique, la jeune femme explique avoir voulu souligner la perte d'identité des régions italiennes telles qu'elle les a connues : "Lorsqu’on me demande d’où je viens, j’aimerais pouvoir répondre par une ville, comme Rome ou Milan, mais je dois situer ma région entre trois autres (l’Ombrie, le Latium et la Toscane), décrire une campagne où les identités régionales sont toutes détruites" déclare-t-elle.

 

Alice Rohrwacher nous plonge dans le quotidien d'une famille d'agriculteurs installée au beau milieu de l'Ombrie, en plein cœur de l'Italie, dans une région un peu déshéritée. Le père, colérique et autoritaire, dirige sa petite entreprise comme sa famille, d'une main de fer et entouré de femmes (son épouse, ses quatre filles et Coco). Le charme du film tient à peu de choses, essentiellement à l'interprétation de la jeune Maria Alexandra Lungu (Gelsomina, l'aînée des quatre filles) qui campe une adolescente qui, en dépit de sa vie atypique dans cette famille néo-baba cool, rêve d'ailleurs, comme tous les ados du monde. L'arrivée d'une émission cheap de télé-réalité (apparition de Monica Bellucci) ou la récolte du miel permettent aux Merveilles de sortir d'une certaine torpeur mais le film finit par souffrir de son dispositif qui n'offre pas assez de matière scénaristique. On avait envie de voir Alice Rohrwacher creusait les prémices du passage à l'âge adulte ou les doutes d'une mère (l'excellente Alba Rohrwacher, grande sœur de la réalisatrice) dépassée par les événements. Le film laisse, malgré ses qualités, un goût d'inachevé, et on regrette une photographie "sauvage" vraiment pas jolie.

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