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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Pour la première fois depuis longtemps, Tim Burton sort du cinéma fantastique et signe un biopic plutôt classique, Big Eyes, inspiré de la vie du couple Keane. Un film porté par un bon casting, sympathique mais pas renversant.

"Big Eyes", un film de Tim Burton

BIG EYES raconte la scandaleuse histoire vraie de l’une des plus grandes impostures de l’histoire de l’art. À la fin des années 50 et au début des années 60, le peintre Walter Keane a connu un succès phénoménal et révolutionné le commerce de l’art grâce à ses énigmatiques tableaux représentant des enfants malheureux aux yeux immenses. La surprenante et choquante vérité a cependant fini par éclater : ces toiles n’avaient pas été peintes par Walter mais par sa femme, Margaret. L’extraordinaire mensonge des Keane a réussi à duper le monde entier. Le film se concentre sur l’éveil artistique de Margaret, le succès phénoménal de ses tableaux et sa relation tumultueuse avec son mari, qui a connu la gloire en s’attribuant tout le mérite de son travail.

 

 

Depuis une quinzaine d'années, on pensait Tim Burton perdu. Mis à part Big Fish (2004) et le remake enthousiasmant de son Frankenweenie (lire l'article du 7 novembre 2012), le cinéaste américain a enchaîné les déceptions artistiques, mais succès commerciaux la plupart du temps : un Charlie et la chocolaterie fatigant, une Alice au pays des merveilles désastreuse ou un Planète des Singes que l'on préfère oublier. Avec Big Eyes, Burton retrouve les scénaristes de son précédent biopic (l'excellent Ed Wood en 1994), Scott Alexander et Larry Karaszewski. A l'instar du film sur Ed Wood, ce nouveau biopic s'intéresse à un personnage considéré comme un paria du monde de l'art, cercle assez fermé et souvent un peu snob. Mais s'ajoute à cela une grande arnaque, puisque Walter Keane n'a jamais peint les toiles qu'il vendait, sa femme Margaret les alignant dans son atelier comme à l'usine.

 

Christoph Waltz déroule son numéro de bonimenteur à la fois débonnaire et inquiétant, tel qu'on pouvait l'imaginer, tandis qu'Amy Adams force encore une fois l'admiration par la subtilité de son jeu. Le film s'ouvre sur Margaret fuyant un premier mari qui la soumet avant de retomber, romantique nunuche qu'elle est, sur un spécimen du même tonneau, mais avec une réussite commerciale spectaculaire à la clef. Walter Keane, avant même Andy Warhol, avait tout compris du merchandising. Plutôt que de réserver "ses" œuvres à quelques happy few (qui, de toute façon, le méprisent), il produit des milliers de copies et d'objets dérivés qui inondent les supermarchés. Tim Burton s'amuse avec cette question autour du kitsch et de la frontière avec le bon goût, comme s'il s'agissait d'une réflexion sur son propre cinéma. La mise en scène est particulièrement académique et, en dépit de quelques fulgurances (le procès hilarant), le film ne raconte pas grand-chose de plus que ce qu'il donne à voir. Un film sympathique mais qui ne rattrape pas (encore) le lourd passif accumulé par le cinéaste ces dernières années.

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