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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Oscar 2015 du meilleur documentaire, Citizenfour revient sur le scandale de la surveillance et de la collecte des données personnelles par la NSA. Laura Poitras réalise un travail précis, courageux et captivant.

"Citizenfour", un film de Laura Poitras

En 2013, Edward Snowden déclenche l’un des plus grands séismes politiques aux Etats-Unis en révélant des documents secret-défense de la NSA. Sous le nom le code « CITIZENFOUR », il contacte la documentariste américaine Laura Poitras. Elle part le rejoindre à Hong Kong et réalise en temps réel CITIZENFOUR, un document historique unique et un portrait intime d’Edward Snowden.

 

 

Le scandale a fait grand bruit et laisse songeur quant à l'utilisation des nouvelles technologies. Edward Snowden, jeune informaticien et ex-employé de la CIA et de la NSA (services secrets américains), révèle des documents classifiés sous le nom de code Citizenfour et provoque un scandale mondial. Il contacte Laura Poitras, documentariste connue pour son analyse des conséquences politiques post-11-septembre, et organise une rencontre secrète dans un hôtel de Hong-Kong pour tourner ce film aux allures de témoignage historique. On apprend vite que les Etats-Unis espionnent, au nom de la politique sécuritaire mise en place par Bush après les attentats de 2001, les communications privées de citoyens du monde entier, via internet et la téléphonie. Laura Poitras est sous surveillance depuis longtemps (à cause de ses documentaires polémiques) et Edward Snowden, aux allures de jeune geek, est recherché pour "espionnage, vol et utilisation illégale de biens gouvernementaux".

 

Le tour de force du film est la sobriété de son ton, alors même que s'installe un suspense digne des polars de John Le Carré. En recréant ses communications cryptées avec Snowden, la réalisatrice positionne le spectateur au premier plan, assistant, "en direct", à la révélation d'un scandale aussi majeur que le Watergate. "I'm not the story" se plait à répéter Snowden, humble et désireux de porter la vérité, au-delà de sa personne (et de sa propre sécurité). Le jeune homme espère que d'autres continueront le combat, celui des whistleblowers, les "donneurs d'alerte" face à l'ingérence des Etats dans la vie privée des citoyens au nom de la liberté. Le film montre l'angoisse sourdre, la paranoïa gagner tout le monde, même quand retentit dans l'hôtel une sirène incendie pour un simple exercice. La mise en scène est simple et implacable, donnant à Snowden un documentaire à son image : sobre, humble et nécessaire.

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