Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Repéré à Sundance, Dear White People est le premier film de Justin Simien. Une comédie satirique d'inspiration autobiographique sur le racisme et la vie universitaire. Un film amusant mais inégal.

"Dear White People", un film de Justin Simien

La vie de quatre étudiants noirs dans l'une des plus prestigieuses facultés américaines, où une soirée à la fois populaire et scandaleuse organisée par des étudiants blancs va créer la polémique. Dear White People est une comédie satirique sur comment être noir dans un monde de blancs.

 

 

Après quelques courts-métrages, Justin Simien, 32 ans, originaire du Texas, passe à son premier long, inspiré de son expérience d'étudiants noirs dans une université majoritairement blanche. Dear White People, évidemment, jusque dans son titre, s'amuse de la mixité ethnique et soulève la question raciale, très sensible aux Etats-Unis, en dépit de l'élection de Barack Obama, "qui n'est que métis" comme souligne Sam, elle-même métisse, personnage de militante et animatrice d'une radio sur le campus. En ouverture du film, sa provocante saillie radiophonique donne le ton : "Dear white people, le nombre d’amis noirs désormais requis pour ne pas apparaître raciste vient de passer à deux. Et désolé, cela n’inclut pas Tyrone, votre dealer de cannabis…"

 

Le film convoque bien sûr Spike Lee, spécialiste cinématographique de la question, mais va au-delà en prenant pas mal de contrepieds. On découvre une jeune noire qui voudrait être considérée comme une blanche, une militante métisse qui fustige la domination des "white people" mais sort (en cachette) avec un blanc, des jeunes blancs qui "s'amusent" avec les clichés sur les noirs (rap, baggy, bling bling) ou un étudiant apprenti journaliste qui cherche sa place et ne parvient pas assumer son homosexualité. Ce dernier, incarné par le génial Tyler James Williams (The Walking Dead, Everybody hates Chris), semble n'être autre que le double du réalisateur et questionne les clichés des blancs sur les noirs et vice versa. Lors de sa sortie américaine, le film a été accusé de propager des stéréotypes racistes aussi bien sur les blancs que sur les noirs, ce à quoi le jeune cinéaste répond qu'il ne veut "offenser personne mais exprimer le malaise que peut encore ressentir aujourd’hui la jeunesse noire dans un environnement blanc." Si Dear White People est parfois en peu faible en termes de mise en scène et de direction d'acteurs, il a le mérite de soulever des questions épineuses sans donner de jugement ou de morale à l'emporte-pièce. C'est déjà ça.

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog