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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Richard Glatzer et Wash Westmoreland offrent un écrin à Julianne Moore, Oscar 2015 de la meilleure actrice dans Still Alice, un très beau film sur la lutte d'une femme contre un Alzheimer précoce. Bouleversant.

"Still Alice", un film de Richard Glatzer et Wash Westmoreland

Mariée, heureuse et mère de trois grands enfants, Alice Howland est un professeur de linguistique renommé. Mais lorsqu’elle commence à oublier ses mots et qu’on lui diagnostique les premiers signes de la maladie d’Alzheimer, les liens entre Alice et sa famille sont mis à rude épreuve. Effrayant, bouleversant, son combat pour rester elle-même est une magnifique source d’inspiration.

 

 

L'Académie des Oscars aura donc attendu près de vingt ans après la première de ses cinq nominations (depuis 1998 pour Boogie Nights) pour offrir à Julianne Moore (54 ans) la statuette qu'elle méritait tant. Après un Prix d'interprétation à Cannes (pour l'excellent Maps to the stars de Cronenberg) en 2014, ainsi qu'un Golden Globe et un BAFTA pour Still Alice, la profession reconnaît enfin que l'actrice est une des plus grandes interprètes actuelles. Le couple Richard Glatzer / Wash Westmoreland a adapté un roman de Lisa Genova (L'envol du papillon) pour son quatrième film, après notamment Echo Park, L.A. (2006). D'ailleurs, Glatzer, atteint de la Maladie de Charcot, est décédé quelques jours après la cérémonie des Oscars qui a sacré son actrice.

 

Alice est une brillante enseignante de linguistique à l'Université de New York, comblée dans sa vie personnelle, quand elle se rend compte qu'elle a des absences et apprend qu'elle est atteinte d'un Alzheimer précoce, cas rare mais véritable. Le film donne à voir les différentes étapes de la progression de cette épouvantable maladie, sans jamais tomber dans le pathos, en restant sur le fil fragile de l'émotion, servie par un casting exceptionnel. La mise en scène est simple mais non dénuée de bonnes idées, plaçant le spectateur aux côtés de l'héroïne, dans sa solitude, parfois dans son flou, de plus en plus isolée dans le cadre comment elle l'est des décisions autour d'elle. L'image est belle, pâle comme Julianne Moore, dans des tons pastel, tranchant avec l'horreur de la maladie, de la perte de soi. Autour de l'immense actrice, Alec Baldwin est parfait en mari aimant effrayé par la maladie et qui se plonge dans le travail. Kristen Stewart est une nouvelle fois saisissante en fille rebelle, à la fois douloureuse et animale, comme un félin blessé. La force de ce film est sa fragilité, son incroyable émotion et sa pudeur même dans des scènes embarrassantes (incontinence, problèmes d'élocution). Sans éviter quelques maladresses, les réalisateurs signent un mélodrame bouleversant et Julianne Moore est dans la veine de ses plus grands rôles : Loin du paradis (meilleure actrice à Venise), The Hours (meilleure actrice à Berlin), A single man ou Maps to the stars (meilleure actrice à Cannes).

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