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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Daniel Barnz offre avec le Cake son premier rôle dramatique à Jennifer Aniston, qui veut prouver qu'il y a une vie d'actrice après la mythique série Friends. Un mélodrame émouvant, classique mais efficace.

"Cake", un film de Daniel Barnz

Claire Bennett va mal. Il n'y a qu'à voir ses cicatrices et ses grimaces de douleur dès qu'elle fait un geste pour comprendre qu'elle souffre physiquement. Elle ne parvient guère mieux à dissimuler son mal-être affectif. Cassante et parfois même insultante, Claire cède à l'agressivité et à la colère avec tous ceux qui l'approchent. Son mari et ses amis ont pris leurs distances avec elle, et même son groupe de soutien l'a rejetée. Profondément seule, Claire ne peut plus compter que sur la présence de sa femme de ménage Silvana, qui supporte difficilement de voir sa patronne accro à l'alcool et aux tranquillisants. Mais le suicide de Nina, qui faisait partie de son groupe de soutien, déclenche chez Claire une nouvelle fixation. Tout en s'intéressant à la disparition de cette femme qu'elle connaissait à peine, Claire en vient à s'interroger sur la frontière ténue entre vie et mort, abandon et souffrance, danger et salut. Tandis qu'elle se rapproche du mari de Nina et de leur fils, Claire trouvera peut-être un peu de réconfort.

 

 

Avec Cake, Jennifer Aniston, 46 ans, connaît un tournant de sa carrière. Depuis l'arrêt de Friends, en 2004, la série culte qui l'a rendue célèbre, l'actrice a enchaîné les seconds rôles dans des comédies hollywoodiennes plus ou moins réussies. Pour la première fois, elle décroche ici un rôle sombre, son "Tchao Pantin" à elle. Elle a cependant manqué la nomination à l'Oscar mais a reçu de nombreuses autres récompenses en festival. Cake est l'histoire d'une quadra paumée, Claire, qui ne se remet visiblement pas d'un accident et d'une tragédie personnelle, usant de l'agressivité avec toute personne qui s'approche d'elle, y compris sa fidèle employée de maison, Silvana (Adriana Barraza, parfaite), la dernière à supporter ses humeurs. Mais cette femme est dans une souffrance physique et morale considérable, addict aux antidouleurs et empêtrée dans une dépression dont elle ne se sort pas. Le suicide d'une jeune femme qu'elle connaissait à peine mais suivait la même thérapie de groupe qu'elle va être, étrangement, un électrochoc.

 

Le film repose en grande partie sur l'interprétation toute en douleur de Jennifer Aniston, méconnaissable sans maquillage (sauf les cicatrices), mal fagotée et avec quelques kilos en trop. On peut regretter quelques scènes too much dans ce "rôle à Oscar" mais la mise en scène discrète mais habile s'efface pour ne pas sombrer dans le pathos. Jamais le film ne plonge dans la mièvrerie ou l'émotion facile, et Daniel Barnz manie même beaucoup d'humour avec brio. La rencontre avec le veuf, brisé lui aussi, mais combatif, de la jeune suicidée, va permettre à Claire de rebondir, de partager sa peine avec quelqu'un qui lui semble en mesure de la comprendre. C'est alors l'histoire d'une renaissance, avec ses hauts et ses bas, que le film nous raconte. Grâce à une interprétation solide, Cake tient parfaitement la route, faisant oublier ses maladresses, et offre le portrait d'une femme qui se redresse, jusque dans le dernier plan.

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