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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Emmanuel Mouret renoue avec la comédie dans Caprice, son neuvième long-métrage, avec Anaïs Demoustier et Virginie Efira. Un film pétillant et très drôle, dans la veine d'un Woody Allen à la française.

"Caprice", un film de Emmanuel Mouret

Clément, instituteur, est comblé jusqu'à l'étourdissement : Alicia, une actrice célèbre qu'il admire au plus haut point, devient sa compagne. Tout se complique quand il rencontre Caprice, une jeune femme excessive et débordante qui s'éprend de lui. Entretemps son meilleur ami, Thomas, se rapproche d'Alicia...

 

 

Emmanuel Mouret, discrètement, a su tisser en quinze ans une filmographie faite de marivaudages et de variations sur "l'art d'aimer" (le titre d'un de ses meilleurs films - lire l'article du 6 décembre 2011). Caprice fait suite à Une autre vie, un excellent mélodrame (lire l'article du 21 janvier 2014) qui s'est soldé par un échec public. Mouret revient donc aux fondamentaux avec ce neuvième film qui reprend les codes de la comédie romantique, avc un goût du burlesque et la problématique, habituelle, du triangle amoureux. Comme son modèle Woody Allen, Mouret incarne lui-même le personnage principal masculin, un "grand maladroit" lunaire qui traverse la vie avec naïveté parfois et dont la maladresse finit par séduire les femmes. Il déclare aussi s'inspirer de Pierre Richard ou Buster Keaton, à qui l'on pense dans la très drôle séquence des "courses à béquilles".

 

Clément, instituteur tout ce qu'il y a de plus classique, entame, à sa grande surprise, une relation amoureuse avec Alicia (Virginie Efira, épatante), une célèbre actrice qu'il admire passionnément. Mais sa rencontre fortuite avec la jeune Caprice (Anaïs Demoustier, décidément toujours parfaite), qui tombe follement amoureuse de lui, va venir compliquer les choses. Le cinéaste a un sens inné du montage et de l'équilibre des gags, mêlant toujours entre burlesque, comique de situation et dialogues assez littéraires. Sur ce décalage avec la réalité, il s'exprime d'ailleurs en ces termes : "Le cinéma n'est pas la réalité, le cinéma c'est avant tout du cinéma." En effet, le scénario ne suit pas toujours un parcours logique et les rebondissements peuvent paraître artificiels, mais Mouret interroge encore et toujours son thème de prédilection : il y a autant de façon d'aimer que d'amoureux. Le film envoie valser les conventions, pour y revenir souvent, mais jamais sans en avoir décortiqué les tenants et les aboutissements avec une légèreté teintée de gravité, un savant mélange qu'il maîtrise à la perfection. Caprice fait partie de ses meilleures réalisations, à la fois profonde et divertissante.

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