Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Wim Wenders revient à la fiction avec Every thing will be fine, porté par James Franco et Charlotte Gainsbourg. Un mélodrame touchant qui pose la question de la rédemption et de l'inspiration artistique.

"Every thing will be fine", un film de Wim Wenders

Après une dispute avec sa compagne, Tomas, un jeune écrivain en mal d’inspiration, conduit sa voiture sans but sur une route enneigée. En raison de l'épaisse couche de neige et du manque de visibilité, Tomas percute mortellement un jeune garçon qui traversait la route. Après plusieurs années, et alors que ses relations volent en éclats et que tout semble perdu, Tomas trouve un chemin inattendu vers la rédemption : sa tragédie se transforme en succès littéraire. Mais au moment où il pensait avoir passé ce terrible événement, Tomas apprend à ses dépens que certaines personnes n'en ont pas fini avec lui...  

 

 

Depuis 2008, Wim Wenders avait délaissé la fiction pour se consacrer au documentaire, tout en continuant d'expérimenter l'image et les nouvelles technologies. Ainsi a-t-il tourné en 2011 Pina, un somptueux docu en 3D sur la danseuse et chorégraphe Pina Bausch, décédée deux ans auparavant (lire l'article du 30 avril 2011). En 2014, il cosigne Le sel de la Terre avec Juliana Ribeiro Salgado, César 2015 du meilleur documentaire. C'est sur un scénario du jeune Bjørn Olaf Johannessen que le cinéaste allemand fait son retour à la fiction avec Every thing will be fine, un mélodrame en 3D qui interroge, suite à un accident, le traumatisme d'un auteur en panne d'inspiration, et ce qu'il va en faire.

 

Comme dans Pina, Wenders fait ici un usage intéressant (et inhabituel) de la 3D, mettant en avant son principal atout, la profondeur de champ, souvent oubliée par les grosses productions hollywoodiennes au profit d'effets visuels plus ou moins réussis. C'est Joséphine Derobe, fille de feu Alain Derobe, grand stéréographe français ayant justement travaillé sur Pina, qui s'est occupée de la 3D, en association avec l'excellent directeur photo Benoît Debie (chef op de Gaspar Noé, de Spring Breakers de Harmony Korine et du récent Lost River de Ryan Gosling). Wenders use de surimpressions et de surcadrages dans la profondeur de champ pour surligner la solitude des personnages, qu'il s'agisse de l'écrivain en panne d'inspiration (James Franco), de la mère éplorée (Charlotte Gainsbourg) ou de l'amante éconduite (Rachel McAdams). Les étendues enneigées et la musique hitchcockienne d'Alexandre Desplat nous plongent dans un univers glacé où la culpabilité va nourrir un regain d'inspiration, les "vertus du trauma" comme le nomme justement la critique de Télérama. Ce sujet, aussi passionnant que rarement traité, est au cœur du film, même si Wenders n'en utilise pas suffisamment les ressources. Sur plus de dix ans, le film suit la renaissance des personnages après un tragique accident, qui signe étrangement un renouveau et, simplement, un frein à la vie. Entre mélodrame et suspense, Wenders soigne sa partition, à défaut de convaincre totalement, la faute à un scénario parfois dispersé. Mais la complexité des personnages et la mise en scène somptueuse font de ce retour à la fiction une belle promesse d'avenir.

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog