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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Andrew Niccol s'attaque à la politique militaire américaine avec Good Kill, son nouveau film, inspiré des mesures post-9/11. Malgré quelques faux pas, le film réussit à établir un constat plus nuancé qu'il n'y paraît.

"Good Kill", un film de Andrew Niccol

Le Commandant Tommy Egan, pilote de chasse reconverti en pilote de drone, combat douze heures par jour les Talibans derrière sa télécommande, depuis sa base, à Las Vegas. De retour chez lui, il passe l’autre moitié de la journée à se quereller avec sa femme, Molly et ses enfants. Tommy remet cependant sa mission en question. Ne serait-il pas en train de générer davantage de terroristes qu’il n’en extermine ? L’histoire d’un soldat, une épopée lourde de conséquences.

 

 

Andrew Niccol, scénariste de The Truman Show et réalisateur de Bienvenue à Gattaca, avait, après l'excellent Lord of War (2006), déçu par ses dernières productions faiblardes (Time Out, Les âmes vagabondes). Comme dans presque tous ses films, Niccol s'interroge sur la manière dont l'humanité est obsédée et manipulée par la technologie. Le sujet de Good Kill se trouve dans l'évolution des conflits depuis le 11 septembre 2001 et la "guerre contre la terreur" menée par les Etats-Unis. Après les interventions de Bush, Obama a opté pour la technologie des drones pilotés à distance depuis des bases américaines, notamment dans le Nevada, près de Las Vegas, comme dans le film. Niccol joue sur l'ironie de cette situation proche de la ville de "tous les vices" pour éradiquer le "mal" et faire triompher les valeurs américaines. De plus, le désert environnant rappelle les paysages afghans, ce qui souligne la mise en scène de ce film, toute en parallèles, entre les vues aériennes sur des villages du Moyen-Orient et sur les suburbs autour de Las Vegas, aux maisons impeccablement alignées.

 

Le réalisateur se place très vite comme un anti-guerre et on lui donne évidemment raison sur l'absurdité de ce système de bombardements préventifs qui semblent créer plus de vocations terroristes qu'ils ne suppriment d'effectifs djihadistes. Mais Good Kill (expression équivalant à "dans le mille" quand le missile a atteint sa cible) apporte un peu plus de nuances qu'il n'y paraît. Certes, cette guerre à distance a quelque chose de ridicule et de déshumanisant, réduisant les soldats à des first-person shooters de jeux vidéo, mais si le gouvernement américain ne faisait rien, comment expliquerait-il un éventuel prochain attentat ? Le film ne prétend pas totalement répondre à cette question mais il a le mérite de la poser. On regrettera quelques maladresses, comme les problèmes conjugaux du héros, un peu trop soulignés, et surtout une "vengeance" controversée à 15 000 km de distance. Néanmoins, la mise en scène en nombreuses vues aériennes de Niccol fonctionne et souligne l'impact destructeur de la guerre sur ses soldats, qu'ils soient sur le terrain ou actionnent un joystick à distance.

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