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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Rabah Ameur-Zaïmeche revisite les derniers jours de Jésus dans Histoire de Judas. Une mise en scène épurée et souvent inspirée pour un film qui manque cruellement d'enjeux.

"Histoire de Judas", un film de Rabah Ameur-Zaïmeche

Après un long jeûne, Jésus rejoint les membres de sa communauté, soutenu par son disciple et intendant, Judas. Son enseignement sidère les foules et attire l'attention des grands prêtres et de l'autorité romaine. Peu avant son arrestation, Jésus confie une ultime mission à Judas...

 

 

Après des films très ancrés dans le quotidien et le présent, dont l'excellent Dernier maquis, Rabah Ameur-Zaïmeche poursuit son goût pour le film d'époque, trois ans après Les chants de Mandrin, avec cette nouvelle vision du personnage de Judas, qu'il interprète, et un portrait de Jésus comme "guide humaniste". Dans ce film, Judas n'est plus le traître que l'histoire en a fait mais un personnage qui voue une immense dévotion à son "maître" Jésus. La figure de Judas a toujours été celle du traître que Jésus s'est choisi, si l'on peut dire, pour assurer, au final, sa postérité et asseoir son ressuscitement. Le cinéaste, ici, inverse la vapeur et Judas est envoyé pour effacer les "traces" du discours du prophète, des notes prises par un évangéliste que nous ne connaîtrons donc jamais. L'idée est intéressante mais le film ne la creuse pas assez.

 

La mise en scène, sobre et en cadrages qui rappellent des tableaux de Caravage, est magnifique, mettant en valeur la beauté intemporelle des ruines d'un désert (à l'est de l'Algérie, mais ce pourrait être celui qu'il figure, qui borde Jérusalem). La tentative d'arracher Judas à une figure, peut-être la plus ancienne, de l'antisémitisme est une volonté louable mais le film ne tient pas ces promesses, la faute à un scénario qui élude la version "officielle" pour n'en proposer aucune en remplacement. De la même manière, le parallèle entre l'occupation des Romains et celle, bien actuelle, des Israéliens en Palestine est passionnant mais le réalisateur n'en fait pas grand-chose. Au final, le film, en dépit de sa grande beauté formelle, ne réinvente pas vraiment Judas mais offre une variation personnelle un peu faiblarde sur les derniers jours du Christ et le rapport de la (future) religion catholique à la souffrance et à la culpabilité.

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