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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Edward Berger et Nele Muelle-Stöfen signent Jack, le premier à la réalisation aidé de la seconde au scénario. Une chronique social aux airs de frères Dardenne et le portrait d'un incroyable jeune garçon, trop jeune pour être adulte mais prêt à tout pour sa famille.

"Jack", un film de Edward Berger

Fonceur, tenace et plein de ressources, Jack, dix ans à peine, est déjà seul responsable de sa famille : son petit frère Manuel, six ans, et leur mère célibataire aimante, mais totalement immature, Sanna, qui travaille la journée et fait la fête la nuit. Mais cet homme de la maison en culottes courtes n’est pas infaillible et un événement va venir bouleverser le quotidien de ce trio. Les services de protection de l’enfance décident alors de retirer la garde des deux garçons à la jeune femme et de placer Jack dans un centre d’hébergement.

 

 

En rencontrant un camarade de son fils vivant entre le domicile familial et un foyer, Edward Berger a eu l'idée d'écrire un film (avec l'aide de Nele Muelle-Stöfer, ici également dans le rôle de l'éducatrice) sur un petit garçon confronté à l'inconscience d'une mère aimante mais paumée et immature, préférant parfois s'absenter sans crier gare pour rejoindre un nouvel amoureux ou une soirée prometteuse. A l'âge de l'insouciance, le jeune Jack, 10 ans (Ivo Pietzcker, bluffant), s'occupe en continu de son petit frère, Manuel : courses, repas, bain… Leur mère, très jeune, les aime mais n'est pas vraiment adulte, elle préfère se laisser porter par la vie. Quand les services sociaux décident de placer Jack dans un foyer, ce dernier n'attend qu'une chose pour retrouver son frère et sa mère qu'il vénère : les vacances. Mais personne ne vient le chercher…

 

Le jeune Jack court sans cesse, après son frère, après sa mère, toujours en mouvement, toujours en état d'alerte, que ce soit pour faire couler un bain à son frère, lui préparer son petit déjeuner, aller à l'école ou s'échapper du foyer. Avec des plans-séquences nerveux et une mise en scène au plus près du jeune héros, le film rappelle l'univers des frères Dardenne et notamment Rosetta ou L'enfant. Dans un Berlin qui semble indifférent à la solitude des deux enfants, le film nous emmène dans la fuite en avant de Jack et Manuel, une course après une mère aux abonnés absents. Partout, tout le temps, Jack est confronté à des préoccupations et des situations qui ne sont pas de son âge. Il fait irruption dans la chambre de sa mère en plein coït, dans une teuf où les drogues foisonnent, sans jamais ciller, avec un cap à poursuivre, une volonté de fer. Mais quand sa mère lui parle au téléphone ou lui sourit, il redevient en petit garçon. C'est ce paradoxe d'un enfant débrouillard mais pas encore adulte que capte brillamment Edward Berger, avec une sensibilité brute.

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