Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Pour sa deuxième réalisation, Brigitte Sy adapte L'astragale, récit autobiographique d'Albertine Sarrazin. Leïla Bekhti change de registre aux côtés de Reda Kateb, tous deux convaincants dans un film qui manque quand même de l'audace de son héroïne.

"L'astragale", un film de Brigitte Sy

Une nuit d’avril 1957. Albertine, 19 ans, saute du mur de la prison où elle purge une peine pour hold-up. Dans sa chute, elle se brise l’os du pied : l’astragale. Elle est secourue par Julien, repris de justice, qui l’emmène et la cache chez une amie à Paris. Pendant qu’il mène sa vie de malfrat en province, elle réapprend à marcher dans la capitale. Julien est arrêté et emprisonné. Seule et recherchée par la police, elle se prostitue pour survivre et, de planque en planque, de rencontre en rencontre, lutte au prix de toutes les audaces pour sa fragile liberté et pour supporter la douloureuse absence de Julien.

 

 

Brigitte Sy, ex-muse et ex-femme de Philippe Garrel, réalise son deuxième film, une adaptation de L'astragale, le roman autobiographique d'Albertine Sarrazin, paru en 1964. La réalisatrice poursuit, après Les mains libres, en creux, son exploration de la vie en prison et ici, surtout, en dehors, pendant une cavale, elle qui a enseigné le cinéma dans des établissements pénitentiaires. Albertine Sarrazin (Leïla Bekhti) s'évade de prison, où elle purge une peine de sept ans, en 1957 et rencontre Julien (Reda Kateb) qui la soigne (elle s'est brisé l'astragale, un os du pied), l'aide dans sa cavale et avec qui elle vit bientôt une passion amoureuse qui durera, par intermittence et au gré de passages en prison, jusqu'à la mort accidentelle de la jeune femme dix ans plus tard.

 

L'héroïne est un personnage de cinéma idéal : une jeune femme libre, en avance sur son temps, dans les années 50 et qui n'appartient qu'à elle-même. "Elle souffre de sa blessure physique mais c’est surtout d’amour qu’elle souffre. C’est également le portrait d’une jeune femme dont la passion de l’extrême, l’amour de la liberté et l’ivresse de la jeunesse en font une héroïne éternellement moderne" déclare Brigitte Sy. Esthétiquement, le film est parfaitement maîtrisé, dans un noir et blanc contrasté exactement fidèle au cinéma de ces années-là, juste avant la Nouvelle Vague (les premiers Melville, par exemple, comme Bob le flambeur). Le bémol est dans l'intensité qui fait un peu défaut au film, trop occupé à son (beau) cadre et pas assez à la sensualité de l'histoire entre Albertine et Julien, mais aussi entre Albertine et son amie Marie. La passion est intellectualisée et on ne comprend pas toujours pourquoi l'héroïne attend si fermement "son" Julien pendant tout le film. Reste une interprétation magistrale de Leïla Bekhti (enfin un rôle à la hauteur de son talent) et Reda Kateb, toujours impeccable.

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog