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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Sudabeh Mortezai réalise son premier long-métrage, Le petit homme, abordant les thématiques de l'immigration, de la famille et du passage à l'âge adulte. Une chronique inspirée de sa propre histoire, touchante mais inégale.

"Le petit homme", un film de Sudabeh Mortezai

A 11 ans, Ramasan est déjà un homme sous ses allures de petit garçon. Réfugié en Autriche avec sa mère et ses deux sœurs, il essaie de remplacer du mieux qu'il peut son père mort en Tchétchénie. L'arrivée d'Issa, un ancien ami de son père, va bousculer son quotidien.

 

 

Après avoir tourné deux documentaires sur le mariage en Iran, la réalisatrice Sudabeh Mortezai signe son premier long-métrage de fiction avec Le petit homme, dont le titre original (Macondo) désigne un camp de réfugiés créé dans la banlieue de Vienne en 1950 et accueillant plusieurs milliers de personnes issues d'une vingtaine de pays différents. La jeune femme a vécu la même situation que son personnage principal, un gamin de onze ans, immigré tchétchène en Autriche, orphelin de père et qui s'occupe de ses deux petites sœurs, tout en assumant beaucoup de responsabilités (courses, administration) aux côtés de sa mère déboussolée. Aux yeux de tous, et de lui-même, il est déjà, malgré son jeune âge, un "petit homme".

 

La mise en scène de Sudabeh Mortezai colle au plus près de son petit héros, incarné par le jeune Ramasan Minkailov (non professionnel mais plein d'avenir). Dans des quartiers populaires, il résiste à la tentation de la délinquance et compte bien devenir un mensch. Si l'on pense parfois au cinéma de Ken Loach ou des frères Dardenne, le film se montre souvent maladroit en cédant à un certain conformisme, refusant de se frotter directement à certaines questions délicates (la violence, la place de l'Islam…) pas peur de desservir son propos et jeter l'anathème sur une population déjà très éprouvée et rejetée. La volonté d'assimilation retenue par la réalisatrice est un peu gênante quand elle consiste à renier la culture originelle des personnages mais s'avère pertinente dans le contexte actuel de xénophobie galopante en Europe, particulièrement en Europe centrale. Un film parfois maladroit mais touchant.

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