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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Emma de Caunes revient au cinéma dans le nouveau film d'Olivier Jahan, Les châteaux de sable, avec également Yannick Rénier. La chronique mélancolique d'un double deuil sous l'influence de François Truffaut.

"Les châteaux de sable", un film de Olivier Jahan

Éléonore, la trentaine, vient de perdre son père. Il lui a légué sa maison en Bretagne, dans les Côtes d’Armor. Elle est photographe, a connu un certain succès mais les affaires ne marchent plus comme avant. Il faut absolument qu’elle vende cette maison.  Elle s’y rend avec Samuel, son ancien compagnon dont elle s’est séparée il y a quelque temps, parce qu’elle ne se sent pas d’aller seule dans cette maison où elle n’est pas retournée depuis la mort de son père. Mais elle joue avec le feu - car elle sait bien que leur relation ne s’est pas franchement apaisée, même si elle a eu depuis quelques aventures et que Samuel vit à présent avec Laure. Claire Andrieux, l’agent immobilier, s’est occupée d’organiser des visites durant les deux jours où Éléonore et Samuel vont rester dans la maison. C’est un drôle de week-end que ces trois-là s’apprêtent à passer. Un week-end surprenant, riche en surprises et en émotions, en tensions, souvenirs et engueulades, en moments mélancoliques et absurdes, dont Éléonore et Samuel sortiront forcément changés.

 

 

C'est le film des retours. Emma de Caunes n'avait pas tourné depuis près d'une décennie alors qu'Olivier Jahan aura mis quinze ans à réaliser son deuxième long-métrage, après Faites comme si je n'étais pas là en 2000 avec déjà Emma de Caunes à l'affiche. Entre temps, le réalisateur a œuvré dans le court-métrage, rencontrant de grandes difficultés à monter Les châteaux de sable, sous l'influence de la Nouvelle Vague, notamment de François Truffaut avec la voix off et la narratrice rappelant Madame Jouve dans La femme d'à côté. La tonalité littéraire des dialogues et les adresses au spectateur évoquent également, outre Truffaut, le cinéma de Godard première période.

 

Une photographe à la trentaine avancée (Emma de Caunes, très bien, touchante) vient de perdre son père adoré (Alain Chamfort, étonnant) et se rend en Bretagne le temps d'un week-end pour vider et vendre la maison familiale, accompagnée de son ex (Yannick Rénier, excellent) avec qui tout ne semble pas réellement fini. La mise en scène est simple mais efficace, explorant cette maison qui ravive les souvenirs et le désir entre les deux ex-amants. Olivier Jahan accorde une place très importante aux seconds rôles, notamment une compagne cachée du père défunt (Christine Brucher) ou une jeune agent immobilier en pleine crise personnelle, plus sensible qu'il n'y paraît et qui chante une chanson de Brassens in extenso (Jeanne Rose, épatante). Le film est délicat, fragile, non sans maladresses, mais touchant et mélancolique. Un joli retour en douceur.

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