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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Christine Carrière retrouve Mathilde Seigner dans Une mère, son nouveau film. Un drame familial qui vise parfois juste mais reste un peu inégal pour convaincre totalement.

"Une mère", un film de Christine Carrière

Marie vit seule avec son fils de 16 ans. Elle se bat pour rester debout, pour le sortir des mauvais coups dans lesquels il s’enfonce. Trop usée et contrariée pour vivre sa vie de femme, Marie est coincée entre son ex toujours amoureux et son adolescent irrécupérable. Entre eux, les mots passent de plus en plus mal, l’amour s’exprime de moins en moins bien. La violence et le rejet envahissent tout. Il est mauvais fils, elle sera mauvaise mère. De là à penser qu’il n’y a pas d’amour…

 

 

Christine Carrière n'a que quatre longs-métrages à son actif en vingt ans, mais avec une constante : les rapports familiaux déréglés, qu'il s'agisse de Qui plume la lune ? (1999) et d'un père pris en charge par ses filles, de Darling (2007) avec une Marina Foïs battue par son mari qu'elle ne peut quitter ou Rosine (1995) qui révéla Mathilde Seigner, même pas trentenaire, en jeune mère (déjà) dépassée. L'actrice, vingt ans plus tard, endosse de nouveau le rôle d'une mère, mais cette fois, elle voudrait que son fils l'appelle maman et oublie sa violence, la rage qui le rend "moitié fou" et finit par contaminer sa propre mère de cette colère.

 

Dans une petite ville de bord de mer au nord de la Normandie, Marie (Mathilde Seigner, qui porte le même prénom que dans Rosine) ne sait plus comment gérer son fils Guillaume, petit délinquant violent, qui l'insulte et se montre à deux doigts de lever la main sur elle. Doit-on aimer son enfant malgré tout ? C'est la question posée en toile de fond, parfois maladroitement, la réalisatrice n'hésitant pas à charger la barque avec des séquences un peu lourdingues (la scène du pistolet, notamment, ou celle de l'anniversaire). C'est la faiblesse du film qui compte un peu trop sur ses acteurs, trop souvent en force, comme Kacey Mottet-Klein, le fils, pourtant remarqué dans Home d'Ursula Meier et Gainsbourg (vie héroïque) de Yoann Sfar. Restent quelques belles séquences entre la mère et son ancien amant (Mathilde Seigner et Pierfrancesco Favino) qui refont le monde (et envisagent gaiement leur mort) devant des bouteilles de vin. On a rarement vu Mathilde Seigner aussi touchante et Christine Carrière garde - presque - toujours une distance pudique sur son récit.

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