Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Les studios Pixar renouent avec leur meilleure veine et livrent Vice Versa, leur nouveau grand film, signé Pete Docter. Un film drôle et poétique sur le passage de l'enfance à l'adolescence et la construction de l'identité.

"Vice-Versa", un film des studios Pixar

Au Quartier Général, le centre de contrôle situé dans la tête de la petite Riley, 11 ans, cinq Émotions sont au travail. À leur tête, Joie, débordante d’optimisme et de bonne humeur, veille à ce que Riley soit heureuse. Peur se charge de la sécurité,  Colère s’assure que la justice règne, et Dégoût empêche Riley de se faire empoisonner la vie – au sens propre comme au figuré. Quant à Tristesse, elle n’est pas très sûre de son rôle. Les autres non plus, d’ailleurs… Lorsque la famille de Riley emménage dans une grande ville, avec tout ce que cela peut avoir d’effrayant, les Émotions ont fort à faire pour guider la jeune fille durant cette difficile transition. Mais quand Joie et Tristesse se perdent accidentellement dans les recoins les plus éloignés de l’esprit de Riley, emportant avec elles certains souvenirs essentiels, Peur, Colère et Dégoût sont bien obligés de prendre le relais. Joie et Tristesse vont devoir s’aventurer dans des endroits très inhabituels comme la Mémoire à long terme, le Pays de l’Imagination, la Pensée Abstraite, ou la Production des Rêves, pour tenter de retrouver le chemin du Quartier Général afin que Riley puisse passer ce cap et avancer dans la vie…

 

 

Les studios Pixar ont révolutionné, au milieu des années 90, le monde de l'animation pour leur créativité, l'ambition de leurs films et le renouvellement d'une offre plus seulement destinée au jeune public. Depuis Toy Story (1995), Pixar a enchaîné les cartons au box-office, dont Le monde de Némo (2003), Les indestructibles (2004) ou Ratatouille (2007), sans oublier de régaler les parents et les critiques ciné. Après deux chefs-d'œuvre, Wall-E (2008) et Là-haut (2009), les créateurs s'étaient relâchés et se reposaient sur des suites peu inventives de leurs succès. Vice-Versa renoue avec les questions qui planent sur les films Pixar : deuil, chagrins de l'enfance, peur de l'abandon…

 

Nous sommes plongés dans la tête de la jeune Riley comme dans une grande salle des commandes (très design) où s'affairent cinq émotions qui gèrent la vie de la petite fille : Joie, qui mène la danse avec énergie, Peur, Colère, Dégoût et Tristesse, qui cherche encore sa place. Il y a longtemps que Pixar n'avait pas fait preuve d'autant de créativité et de poésie. Dans ce pays immense qu'est le cerveau, le voyage nous fait traverser la mémoire, les souvenirs, le monde des rêves (comme un énorme studio de cinéma) et les zones les plus sombres du subconscient, ainsi que la capacité d'abstraction (une des plus belles séquences du film). Vice-Versa parvient à évoquer avec justesse et onirisme le douloureux apprentissage de la vie et de ses bouleversements par une toute jeune fille de onze ans. Mais la grande réussite film tient en la personnification des émotions, idée casse-gueule mais parfaitement réalisée, notamment Colère, impayable de drôlerie, et Tristesse, terriblement attachante de maladresse. Le film dépasse une logique un peu bébête pour nous plonger au cœur des peurs enfantines sans oublier sa mission de divertissement. Une éclatante réussite.

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog