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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Andrei Konchalovski signe avec son nouveau film, Les nuits blanches du facteur, Lion d'argent à la Mostra de Venise 2014, le portrait d'une communauté rurale russe coupée du monde. Un film magnifiquement mis en scène, parfois un peu long mais toujours sublime.

"Les nuits blanches du facteur", un film de Andrei Konchalovski

Les

Coupés du monde, les habitants des villages autour du lac Kenozero ont un mode de vie proche de celui de leurs ancêtres : c’est une petite communauté, chacun se connait et toute leur activité est tournée vers la recherche de moyens de subsistance. Le facteur Aleksey Tryaptisyn et son bateau sont leur seul lien avec le monde extérieur et la civilisation. Mais quand il se fait voler son moteur et que la femme qu’il aime part pour la ville, le facteur décide de tenter une nouvelle aventure et  de changer de vie.

 

 

En étant récompensé d'un Lion d'argent à la Mostra de Venise en 2014, Andrei Konchalovski revenait sur le terrain de ses débuts, quand il était coscénariste de Tarkovski, sacré Lion d'or avec L'enfance d'Ivan en 1961. Avec Les nuits blanches du facteur, le réalisateur russe voulait évoquer un phénomène grandissant dans les régions les plus reculées de son pays : de petits villages se trouvent coupés du monde, privés de routes praticables, avec les seuls facteurs comme lien avec le monde extérieur. Ici, les acteurs non professionnels jouent leur propre rôle, à commencer par le facteur qui livre le courrier, le pain, quelques courses (ampoules, journaux…) et une maigre pension mensuelle.

 

Le film se situe à mi-chemin entre documentaire (chacun joue son propre rôle) et fiction (le facteur se fait voler son moteur par exemple) mais garde toujours une sublime mise en scène, faite de plans-séquences sur le lac et d'un découpage très cadré dans les intérieurs. Avec les autres habitants du village, ce facteur fait partie d'une communauté soudée mais où les tensions sont pourtant nombreuses, notamment à cause de problème d'alcool et d'argent. La Russie est présentée dans toute la beauté de sa nature à la fois sauvage et harmonieuse, avec son vague à l'âme tellement propre à la culture slave. Dans ce film où le quotidien est méticuleusement décrypté, certaines longueurs s'installent mais la tendresse du regard du facteur quand il observe son ancienne camarade de classe dont il a toujours été secrètement amoureux emporte le spectateur dans un torrent d'émotions contraires. Entre amusement et mélancolie. Avec quelques notes fantastiques (le mystérieux chat gris et une créature démoniaque habitant le lac), Konchalovski parsème son récit du mystère de cette région aussi belle qu'inhospitalière à nos yeux occidentaux.

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