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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Présenté dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes, Fantasia est le cinquième long-métrage de Wang Chao. Un film épuré sur le drame de la misère de la classe ouvrière en Chine. Pudique et poétique, mais aussi parfois superficiel.

"Fantasia", un film de Wang Chao

Une famille recomposée dans une ville industrielle chinoise. Lorsque les hospitalisations du père deviennent de plus en plus fréquentes et coûteuses, toute la famille se trouve ébranlée. La mère enchaîne les petits boulots et se démène pour trouver de l’argent, la grande sœur décide de travailler secrètement dans un bar et Lin, le petit frère, stigmatisé par la maladie de son père et rejeté par ses camarades, fuit l’école et se réfugie dans un monde rêvé, un monde fantasmatique, un monde de fantaisie.

 

 

Wang Chao a été récompensé en 2006 par le jury de la section cannoise Un Certain Regard, cette même section où il a présenté son dernier film, Fantasia, poursuivant sa chronique sociale sur son pays, la Chine, avec le thème récurrent de la souffrance (physique et sociale) et une part de poésie. La mise en scène dépouillée s'articule autour des quatre membres d'une famille modeste : le père, ouvrier et atteint d'une leucémie, la mère, qui cumule les petits boulots pour payer les frais d'hôpital, la fille aînée, sous la coupe d'un petit ami peu compréhensif et prête à tout pour aider financièrement ses parents, et le jeune fils, tiraillé entre les hormones adolescentes, le rejet qu'il subit à l'école et son envie d'ailleurs.

 

Loin d'une Chine en pleine expansion économique, Wang Chao filme les "petites gens" victimes d'un système qui ne favorise visiblement pas tout le monde. La mère de famille tente de récolter les quelques centaines d'euros nécessaires à la prochaine transfusion de son mari, et on lui fait bien comprendre que ce dernier étant atteint d'une maladie incurable, il paraît inutile de dépenser de l'argent, de se défaire de ses économies, pour un "investissement" à si court terme. Cette violence fait écho au paradoxe d'un pays dit communiste, mais qui laisse le peuple dans la précarité, préférant briller sur le marché de l'économie mondiale (à quel prix humain ?). Malgré - et à cause -  une mise en scène très dépouillée, le film touche par son attention à de petits détails mais finit par ne pas avoir les épaules pour supporter un sujet aussi grave, même traité avec une mélancolique poésie.

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