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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Hong Sangsoo livre Hill of freedom, un nouvel essai sur ses thèmes fétiches, le temps, les chassés-croisés amoureux et l'ivresse. Un film court et délicat du délicieux cinéaste sud-coréen.

"Hill of freedom", un film de Hong Sangsoo

Mori, un jeune japonais, se rend à Séoul afin de retrouver la femme qu’il aime. Mais celle-ci est absente. Attendant son retour, il s’installe dans une chambre d’hôtes et y fait différentes rencontres.

 

 

Depuis près de vingt ans, Hong Sangsoo sonde les méandres des relations amoureuses, arrosées de soju (cet alcool coréen dont ses personnages sont friands) et parfumées à l'ironie du sort. Haewon et les hommes, Sunhi ou In another country (avec Isabelle Huppert) en sont les exemples les plus récents. Avec Hill of freedom, le personnage central est un homme, et c'est plutôt inhabituel, mais les femmes vont s'avérer omniprésentes, comme toujours. Une jeune femme rentre à Séoul après une absence prolongée et récupère dans son courrier un lot de lettres laissées par Mori, un jeune Japonais très épris de celle qu'il avait tenté de séduire quelques années auparavant. Mais sous le choc de cette découverte, la jeune femme fait tomber le paquet de lettres non datées dans l'escalier et va donc les lire dans un ordre aléatoire. C'est l'idée maîtresse du film et qui va dicter le montage même : les événements nous sont présentés dans le désordre et le réalisateur nous invite à reconstituer nous-mêmes le puzzle.

 

Partout où il va, Mori emporte un livre au titre révélateur (Time) et qui théorise autour de l'idée que "le temps n'est pas une réalité objective mais un simple cadre mental organisant notre rapport aux choses" (Louis Blanchot, Trois Couleurs de juin 2015). L'histoire de Mori à Séoul va donc nous être racontée dans le désordre et de manière fragmentée car il manque des passages que l'on ne verra pas, comme une bagarre qui revient dans toutes les discussions sans que l'on en sache plus. Merveille de montage, le film met en scène le jeune Japonais dans une maison d'hôtes où tout le monde semble engagé dans la vie de chacun, dans les rues d'un quartier résidentiel de Séoul et, bien sûr, comme toujours chez Hong Sangsoo, dans un café (moins de soju que d'habitude néanmoins, différence culturelle du protagoniste oblige) justement nommé Hill of freedom. Ne retrouvant pas sa bien-aimée, Mori va se lier avec la serveuse du café, la propriétaire de la maison d'hôtes, moins sévère qu'il n'y paraît, et un étrange voisin de chambre endetté jusqu'au cou. Si Hang Sangsoo a été plus bouleversant par le passé, c'est avec plaisir qu'on retrouve le cinéaste pour sa "cuvée" annuelle.

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