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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Inspiré d'une histoire vraie, La femme au tableau revient sur l'incroyable combat de Maria Altmann pour récupérer des œuvres d'art confisquées par les nazis. Simon Curtis peine à se détacher d'un académisme fané, malgré l'immense talent d'Helen Mirren, émouvante.

"La femme au tableau", un film de Simon Curtis

Lorsqu’il fait la connaissance de Maria Altmann, un jeune avocat de Los Angeles est loin de se douter de ce qui l’attend… Cette septuagénaire excentrique lui confie une mission des plus sidérantes : l’aider à récupérer l’un des plus célèbres tableaux de Gustav Klimt, exposé dans le plus grand musée d’Autriche, dont elle assure que celui-ci appartenait à sa famille ! D’abord sceptique, le jeune avocat se laisse convaincre par cette attachante vieille dame tandis que celle-ci lui raconte sa jeunesse tourmentée, l’invasion nazi, la spoliation des tableaux de sa famille, jusqu’à sa fuite aux Etats-Unis. Mais l’Autriche n’entend évidemment pas rendre la « Joconde autrichienne » à sa propriétaire légitime… Faute de recours, ils décident d’intenter un procès au gouvernement autrichien pour faire valoir leur droit et prendre une revanche sur l’Histoire.

 

 

Ancien assistant de Danny Boyle, Simon Curtis signait en 2012 un premier long-métrage assez décevant consacré à Marilyn Monroe (My week with Marilyn). S'intéressant de nouveau à une histoire vraie, le réalisateur adapte le combat de Maria Altmann et son jeune avocat pour récupérer un ensemble d'œuvres d'art (dont le célèbre Woman in gold de Klimt) pillées par les nazis et installées depuis dans le Musée Belvédère de Vienne, atout culturel majeur de la capitale autrichienne. Helen Mirren, impériale, prête ses traits à l'héroïne, une autrichienne juive exilée à Los Angeles dans les années 40 après s'être enfuie de Vienne, pourchassée par les nazis, qui au crépuscule de sa vie décide de rendre justice à sa famille en réclamant la restitution d'un tableau mythique de Klimt, propriété de son oncle.

 

Proprement réalisé, le film de Simon Curtis n'est pas, en soi, mauvais, mais il souffre d'un académisme ronflant, tant au niveau de la mise en scène (à quoi tous ces flashbacks dans les années nazies et qui n'apportent pas grand-chose à l'intrigue) que du scénario : un film enquête typiquement anglo-saxon, dont le seul suspense tient à l'issue du film et du procès. Ryan Reynolds ne convainc pas, alors qu'il semblait avoir trouvé un style intéressant dans le déjanté et jouissif film The Voices de Marjane Satrapi, sorti au printemps 2015. Tous les passages obligés sont réunis : grand scène de procès, grand discours tire-larmes, porosité entre activité professionnelle et situation personnelle (le couple de l'avocat semble battre de l'aile). Heureusement, l'histoire est fascinante et on regrette que le film ne se concentre pas plus sur sa question la plus passionnante : comment l'Autriche gère-t-elle son passé nazi ? Simon Curtis ne parvient qu'à une ébauche de réponse.

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