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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Succès triomphal dans son pays, le nouveau film d'Alberto Rodriguez, La isla minima, est un polar poisseux au cœur de l'Espagne post-franquiste Une réalisation efficace pour un scénario convenu.

"La isla minima", un film de Alberto Rodriguez

Deux flics que tout oppose, dans l'Espagne post-franquiste des années 1980, sont envoyés dans une petite ville d'Andalousie  pour enquêter sur l'assassinat sauvage de deux adolescentes pendant les fêtes locales. Au cœur des marécages de cette région encore ancrée dans le passé, parfois jusqu'à l'absurde et où règne la loi du silence,  ils vont devoir surmonter leurs différences pour démasquer le tueur.

 

 

Alberto Rodriguez a connu un immense succès en Espagne avec son sixième film, La isla minima, grand vainqueur des derniers Goya (les César espagnols) avec dix récompenses dont meilleurs film, réalisateur, scénario, montage et acteur. Fasciné par les années 80, le réalisateur a placé son intrigue à une période-clef de l'histoire récente de son pays, la transition entre le régime franquiste et la nouvelle démocratie. Au cœur de l'Andalousie, deux flics sont chargés d'enquêter sur la disparition mystérieuse de deux jeunes sœurs à la réputation volage dans le petit village au bord des marais. L'un est un vieux de la vieille, aux techniques encore musclées et s'affranchissant des codes, le second est une jeune policier muté ici après une bavure faite à Madrid. Ils vont découvrir les relents fascistes du franquisme encore ancrés dans la région (un crucifix orné de photos de Franco et Hitler au-dessus du lit).

 

Les paysages somptueux et moites sont mis en valeur par une mise en scène plutôt réussie, même si elle multiplie trop - et parfois inutilement - les plans vus du ciel (peut-être une promo sur la location de drones au moment du tournage). Le tandem de flics évoque bien sûr la première saison de l'excellente série True Detective (avec Woody Harrelson et Matthew McConaughey) mais le mystère et le fantastique en moins. L'interprétation un peu forcée, on apprécie tout de même de retrouver dans un registre différent Raul Arevalo, génial dans Les amants passagers de Pedro Almodovar. L'intrigue est assez solide mais tellement convenu que l'on finit par s'ennuyer un peu devant tant de rebondissements plutôt prévisibles. Reste une atmosphère lourde et moite qui colle bien à la région et participe au spectacle, anecdotique mais pas vraiment déplaisant.

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