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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Michel Gondry renoue avec sa veine la plus personnelle pour son nouveau film, Microbe et Gasoil. Une comédie mélancolique sur l'adolescence, les conventions sociales et la créativité reine.

"Microbe et Gasoil", un film de Michel Gondry

Les aventures débridées de deux ados un peu à la marge : le petit "Microbe" et l'inventif "Gasoil". Alors que les grandes vacances approchent, les deux amis n'ont aucune envie de passer deux mois avec leur famille. A l'aide d'un moteur de tondeuse et de planches de bois, ils décident donc de fabriquer leur propre "voiture" et de partir à l'aventure sur les routes de France...

 

 

Après son adaptation plutôt ratée de L'écume des jours en 2013, Michel Gondry revient à une économie plus resserrée, autre versant de sa filmographie qui alterne les gros budgets (The Green Hornet, Eternal sunshine of the spotless mind) et les film plus intimes (L'épine dans le cœur, The We and the I), traitant de l'adolescence, comme dans son plus beau film à ce jour, The We and the I, passé relativement inaperçu en  2012. Microbe et Gasoil s'inspire directement de la jeunesse du cinéaste, issu d'une famille un peu hippie dans la très bourgeoise ville de Versailles. Si le personnage de Microbe ressemble à Gondry, chétif et que l'on prenait pour une fille à cause de ses cheveux longs, celui de Gasoil est un assemblage de souvenirs de camarades : "ces ados rejetés par les autres, avec des parents un peu spéciaux. Je m'en rappelais un en particulier, qui était très bricoleur, dont le père sévère était antiquaire. J'ai commencé à additionner des souvenirs et ça a donné cette histoire d'amitié" précise-t-il.

 

A contre-courant des modes et des clichés des jeunes de leur âge, Microbe et Gasoil bannissent les fautes de français et les réseaux sociaux. Même l'iPhone subit un sort… funeste. Les deux ados souffrent de se sentir différents mais ne voudraient pour rien au monde se conformer aux conventions désespérantes de leur époque. Pour les références de ce film à cheval entre le buddy movie et le film sur l'adolescence, on penche entre Diabolo Menthe de Diane Kurys (du propre aveu du réalisateur), Une histoire vraie de David Lynch (pour le moteur de tondeuse à gazon) ou Les beaux gosses de Riad Sattouf (pour les deux anti-héros ados encore puceaux). Comme toujours chez Gondry, c'est l'art du bricolage qui règne, avec cette maison-voiture en forme de collage pop. Les répliques font mouche et les deux jeunes acteurs sont formidables (Ange Dargent et Théophile Baquet). Avec son charme suranné, Michel Gondry livre un joli film mélancolique qui explore avec une rare justesse les tourments de l'adolescence. Pour accompagner ce voyage, une BO très gainsbourienne, composée par l'acolyte du maître, Jean-Claude Vannier himself. Un régal.

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