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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Damien Odoul a obtenu le Prix Jean Vigo avec son septième long-métrage, La peur, un film sur l'horreur de la guerre 14-18. Une mise en scène magnifique pour un film plutôt réussi mais qui se perd parfois dans des impasses.

"La peur", un film de Damien Odoul

Gabriel, jeune conscrit, rejoint le front en 1914. Il va vivre l’enfer des tranchées, et connaitre la peur qui ravage tous les soldats. Sorti vivant de cette terrible expérience, pleine de fureur et de sang, il va découvrir sa propre humanité.

 

 

Damien Odoul adapte le récit autobiographique de Gabriel Chevalier sur son expérience de Poilu pendant le Grande Guerre, paru en 1930, interdit en 1939 et autorisé de nouveau en 1951. Cette adaptation, le cinéaste l'a voulue à la fois très littéraire (une voix off proche de l'écriture) et très organique (de chair et de sang au sens propre). Avec des acteurs non professionnels, dont la révélation Nino Rocher, Odoul retranscrit l'horreur de cette guerre des tranchées, suivant le parcours d'un jeune soldat, de l'euphorie des débuts (espoir d'une guerre éclair pour venger 1870) au traumatisme irréversible quatre ans plus tard.

 

Dès la première séquence, dans un ralenti aux dialogues désynchronisés, on sait que la réalisateur choisira une mise en scène stylisée sans oublier un grand souci de réalisme (les uniformes, la précision de la langue telle qu'elle était alors, y compris avec ses patois). On suit trois jeunes hommes qui partent en guerre et pensent mettre un terme à ce conflit en écrasant les "Fritz" avant Noël, pour venger l'honneur perdu en 1870. Des chambrées d'entraînement aux premières lignes, il n'y a qu'un pas, mais en franchissant le Rubicon, ces hommes vont découvrir l'horreur, "la peur" jusqu'au fond de leurs tripes. L'un deviendra immédiatement fou, un autre mourra dès le premier jour de combat… Gabriel, incarné par l'incroyable Nino Rocher, dans son premier rôle au cinéma, va être le fil rouge de cette histoire. Damien Odoul filme la mort, la chair, les viscères qui débordent des cadavres, comme une Apocalypse, dans une mise en scène aux couleurs d'un tableau de Goya. On croise des hommes devenus des fantômes, des anarchistes, des fous dignes de Voyage au bout de la nuit et Gabriel traverse cette guerre comme une lente descente aux Enfers. Certes, le film souffre parfois de longueurs ou de répétitions, mais sa force visuelle compense ces écueils. Un film étonnant et qui soulève le cœur devant la barbarie des hommes quand ils plongent leurs semblables dans une boucherie sans logique.

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