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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Prix de la mise en scène au Festival de Sundance, Summer est le deuxième long-métrage de la réalisatrice Alanté Kavaïté. Une romance adolescente sur fond de voltige aérienne pour mieux parler de la découverte des sens et de son corps.

"Summer", un film de Alanté Kavaïté

Sangaïlé, jeune fille de 17 ans, passe l'été avec ses parents dans leur villa au bord d'un lac de Lituanie. Comme chaque année, Sangaïlé se rend au show aérien. Cette fois, elle y fait la connaissance d'Austé, une fille de son âge, aussi extravertie que Sangaïlé est timide et mal dans sa peau. Une amitié va s'épanouir dans la sensualité de l'été...

 

 

Alanté Kavaïté est une cinéaste lituanienne installée en France depuis une dizaine d'années (elle y a d'ailleurs tourné son premier long, Ecoute le temps, en 2006). Alors qu'elle travaille depuis plusieurs années avec des adolescents, au sein d'ateliers cinéma dans le centre de la France, elle se passionne pour "leur capacité à recevoir et à exprimer les choses avec une intensité qu'on n'a plus à l'âge adulte". La cinéaste décide de retrouver son pays natal pour tourner son nouveau film, une histoire d'amour entre deux adolescentes avec l'obsession de l'une pour l'aviation et les shows de voltige aérienne.

 

En France, le film porte le titre un peu générique de Summer alors que dans sa version originale il s'agit du prénom de l'héroïne, Sangaïlé, brindille androgyne de 17 ans. Cette jeune fille qui passe ses vacances près du lac avec ses parents bourgeois s'ennuie à périr mais assiste, fascinée, aux shows de voltige aérienne (très populaires en Lituanie) donnés dans l'aérodrome voisin. Elle y rencontre Austé, son miroir inversé, une jeune fille pétulante, féminine et passionnée de mode qui travaille à la cafétéria de l'aérodrome. Elles vont rapidement s'éprendre et passer un été d'amour et de sensualité. La réalisatrice multiplie les plans vus du ciel et les sauts dans le vide des avions pour signifier (parfois une peu maladroitement) ce grand saut qu'est la découverte de la sexualité, filmée très joliment, au plus près de la peau. Petit à petit, à cette histoire d'amour se mêle la naissance d'une vocation pour Sangaïlé, celle de voler. Alanté Kavaïté opère une jonction réussie entre décor post ère soviétique (barre d'immeubles, centrale électrique…) et nature sauvage (beauté du lac et des champs). Sa mise en scène poétique ne cache pas toujours quelques lourdeurs scénaristiques, mais le film est plein d'une grâce particulièrement belle, avec la musique parfaite de Jean-Benoît Dunckel (la moitié du groupe Air).

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