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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Jaco Van Dormael revisite le Création avec Le tout nouveau testament, porté par Benoît Poelvoorde dans le rôle de Dieu. Un conte insolent qui amuse avant de sombrer dans une mièvrerie à la morale démago.

"Le tout nouveau testament", un film de Jaco Van Dormael

Dieu existe. Il habite à Bruxelles. Il est odieux avec sa femme et sa fille. On a beaucoup parlé de son fils, mais très peu de sa fille. Sa fille c’est moi. Je m’appelle Ea et j’ai dix ans. Pour me venger j’ai balancé par SMS les dates de décès de tout le monde…

 

 

Jaco Van Dormael prend son temps entre deux films avec seulement quatre longs-métrages en 25 ans, dont Le huitième jour (Prix d'interprétation masculine à Cannes en 1996) et Mr. Nobody, fable hollywoodienne qui fut un cuisant échec commercial. Sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs en 2015, Le tout nouveau testament reprend les thématiques de ses précédents films : comment accepter sa vie et essayer d'être heureux entre les choix que l'on peut faire et ceux que l'on subit ? Ici, Dieu est un salaud qui terrorise sa femme, bat sa fille et a envoyé son fils ("JC") au casse-pipe. Les premières séquences sont réjouissantes de drôlerie et d'inventivité sur les nombreuses combines imaginées par Dieu pour rendre la vie des hommes intenables. Mais quand sa fille, Ea, décide d'aller sur le terrain pour racheter les péchés de son Paternel, le film se prend les pieds dans le tapis d'un humanisme démago.

 

Les trouvailles sont là et le casting est quatre étoiles. Yolande Moreau stratosphérique, Serge Larivière impayable en obsédé sexuel, François Damiens touchant en sniper repenti et l'immense Catherine Deneuve qui retrouve goût à la vie dans les bras d'un gorille. Malheureusement, Jaco Van Dormael ne semble pas vouloir assumer son humour noir et sa vision sombre de la religion – il y avait pourtant là un sujet passionnant à traiter sous l'angle de la comédie amère. La critique de la religion explose en vol et le film se contente de proposer une espèce d'expiation par le biais de la Fille de Dieu (qui était le titre du film lors de l'écriture). Le réalisateur nous explique que si Dieu était une femme (ou une petite fille), le monde se porterait bien mieux. Mais ne peut-on pas imaginer – et le film eut été autrement plus iconoclaste – un monde sans Dieu, justement ? Devant ce refus d'obstacle, Jaco Van Dormael livre un film en demi-teinte, qui amuse avant d'agacer.

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