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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Remarqué à Sundance et à la Quinzaine des Réalisateurs, le premier film de Chloé Zhao, Les chansons que mes frères m'ont apprises, est le résultat d'une immersion dans une réserve d'Indiens aux Etats-Unis. Délicat et profond.

"Les chansons que mes frères m'ont apprises", un film de Chloé Zhao

Johnny vient de terminer ses études. Lui et sa petite amie s'apprêtent à quitter la réserve indienne de Pine Ridge pour chercher du travail à Los Angeles. La disparition soudaine du père de Johnny vient bousculer ses projets. Il hésite également à laisser derrière lui Jashaun, sa petite sœur de treize ans dont il est particulièrement proche. C'est tout simplement son avenir que Johnny doit maintenant reconsidérer…

 

 

Pour son premier film, la réalisatrice chinoise Chloé Zhao a voulu témoigner de son expérience de quatre années passées dans la réserve de Pine Ridge, au cœur du Dakota du Sud, un Etat du nord des Etats-Unis. Au début du tournage, rien n'avait été vraiment écrit et la réalisatrice a tenu à n'employer que des acteurs non professionnels, habitants de la réserve, dont la plupart s'avèrent prodigieux. Au fil des jours, captant la vie de cette communauté de manière documentaire, le film s'est écrit au gré des aléas de vie, et des plus tragiques comme l'incendie de la maison de la jeune actrice dans lequel son propre père a trouvé la mort, événement intégré à l'œuvre.

 

La mise en scène, fluide et somptueusement éclairée par la lumière naturelle de ce décor grandiose, glisse avec des mouvements rappelant Terrence Malick, avec le même souci, d'ailleurs, d'une certaine topologie et de rites de passage de la jeunesse locale. Les ados du film se posent la question de quitter – ou non – la réserve : Johnny rêve de Los Angeles quand sa petite sœur est viscéralement attachée à sa terre. Comment voit-on son avenir quand on n'est jamais sorti de cette réserve, véritable prison à ciel ouvert encadrée par des montagnes et un environnement aride ? C'est cette question que semble nous poser, tout en délicatesse, le film de Chloé Zhao. Les adultes, eux, sont comme des spectres ravagés par l'alcool – interdit dans la réserve mais vendu sous le manteau – sont incapables d'offrir un horizon à leurs enfants, désœuvrés mais pas forcément malheureux. Car le film n'est jamais misérabiliste, même dans le plus grand dénuement. La force de l'esprit de cette communauté est l'objet d'une belle métaphore sur les chevaux sauvages dite en voix off au début du métrage. Pour dresser un cheval sauvage, il faut d'abord prendre en compte son goût inné pour la liberté. La belle surprise de cette rentrée, avec la révélation de deux jeunes acteurs magnétiques, John Reddy et Jashaun St John.

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C. La Garenne 17/02/2016 19:24

Le film m'a émue au plus profond de moi-même... tandis que votre critique me vole les mots qui me sortiraient de la bouche... des yeux... de l'âme..., tant elle était si juste..., si j'avais votre talent...
Merci.

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