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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Pour son premier film en anglais, Chronic, Michel Franco choisit un sujet épineux, les soins pour les malades en fin de vie, et une mise en scène distanciée, fidèle à son style. Un film dur et captivant. Prix du scénario à Cannes 2015.

"Chronic", un film de Michel Franco

Aide-soignant, David travaille auprès de personnes en phase terminale. Méticuleux, efficace et passionné par son métier, il noue des relations qui vont bien au-delà du cadre médical et instaure une véritable intimité avec ses patients. Mais dans sa vie privée, David est inefficace, maladroit et réservé. Il a besoin de ses patients tout autant qu’ils ont besoin de lui.

 

 

Depuis son – excellent – premier long-métrage (Daniel y Ana), Michel Franco met en place un cinéma dans le sillage de Michael Haneke, abordant des thèmes difficiles avec une mise en scène distanciée. En 2012, son deuxième film, le bouleversant Despuès de Lucia, remportait à Cannes le Prix Un Certain Regard des mains du Président du jury de cette année-là, Tim Roth. La rencontre avec l'acteur le pousse à lui confier le rôle principal de ce nouveau film, Chronic, qui obtient à Cannes le Prix du scénario en mai 2015.

 

Dès le premier plan-séquence, un doute s'installe sur le personnage de David (Tim Roth) qui observe et suit une jeune fille devant chez elle avant d'aller éplucher son profil Facebook. David est infirmier et s'occupe de malades en fin de vie à qui il prodigue des soins mais aussi qu'il assiste au quotidien dans leur toilette ou les activités domestiques. Son engagement extrême, son application, son attention si bienveillante finissent même par susciter la méfiance des familles. Peu à peu, le scénario, habile, révèle ses secrets et on comprend pourquoi David ne se sent bien qu'aux côtés de ceux qui vont mourir. Il vampirise jusqu'à la vie de ses patients, adoptant leurs centres d'intérêt et leurs goûts. Les images sont souvent crues, parfois à la limite du soutenable, mais il n'y a pas de complaisance dans ce choix, juste un goût immodéré du réalisateur pour la vérité. Au fur et à mesure de son parcours dans Chronic, le personnage d'infirmier expie à sa manière les douleurs et les culpabilités passées. Michel Franco tient son spectateur en haleine jusqu'à la toute fin, implacable et inattendue.

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