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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Julie Delpy revient en France avec sa nouvelle comédie, Lolo, qu'elle réalise et interprète aux côtés de Dany Boon, Vincent Lacoste et Karin Viard. Un film très drôle et pas si gentil qu'il n'y paraît.

"Lolo", un film de Julie Delpy

En thalasso à Biarritz avec sa meilleure amie, Violette, quadra parisienne travaillant dans la mode, rencontre Jean-René, un modeste informaticien fraîchement divorcé. Après des années de solitude, elle se laisse séduire. Il la rejoint à Paris, tentant de s'adapter au microcosme parisien dans lequel elle évolue. Mais c’est sans compter sur la présence de Lolo, le fils chéri de Violette, prêt à tout pour détruire le couple naissant et conserver sa place de favori.

 

 

Connue pour ses films au registre de la comédie indépendante américaine (Two days in Paris, Two days in New York, Looking for Jimmy), Julie Delpy, la plus américaine des actrices-réalisatrices françaises, a su par le passé surprendre avec le drame horrifique (La Comtesse) ou la comédie française nostalgique (Le Skylab, désopilant). Pour la première fois, elle s'aventure dans la comédie mainstream à la française et met en scène le très bankable Dany Boon aux côtés de Vincent Lacoste (toujours exceptionnel) et Karin Viard (épatante) qu'elle a dirigés précédemment. Lolo, c'est l'histoire d'un fils à maman mignon comme tout mais qui se révèle être un véritable psychopathe quand il s'agit des amants de sa mère.

 

Julie Delpy a un talent extraordinaire pour se moquer d'elle-même, des bobos (elle assume) et des situations embarrassantes. Ses précédentes comédies sont des modèles du genre. Avec Lolo, son plus gros budget à ce jour, on pouvait craindre que son ton ne s'affadisse, ne se voit dans les contingences commerciales, mais la bonne surprise de ce film est que la réalisatrice a parfaitement su manier la chèvre et le chou. Des confidences hyper crues avec sa copine Karin Viard (la séquence du train est mémorable) à la trame romantique pas si prévisible avec Dany Boon (qui n'a jamais été aussi bien), le film étonne et puise son sel dans un humour potache, mais aussi un regard plus subtil qu'il n'y paraît sur le snobisme parisien, l'hypocondrie (thème fétiche qu'elle partage avec Woody Allen) et les préjugés sociaux. La mise en scène intelligente et rythmée joue avec les décors (le HELLO lumineux peut devenir l'enfer si on lui enlève le O) et des références cinématographiques : un extrait du Village des damnés de Wolf Rilla, un travelling arrière sur Vincent "Norman Bates" Lacoste qui rappelle le final de Psychose, l'utilisation subtile de Peer Gynt de Grieg en hommage au monstre de M le maudit… Julie Delpy signe une comédie intelligente et assez cruelle, ne cédant pas à un happy ending consensuel. Encore une fois, une grande réussite.

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