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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Alice Winocour change de registre avec Maryland, un second long-métrage qui épouse pourtant, en creux, les mêmes thèmes que son précédent Augustine. Matthias Schoenaerts et Diane Kruger brillent dans ce survival movie d'auteur.

"Maryland", un film de Alice Winocour

De retour du combat, Vincent, victime de troubles de stress post-traumatique, est chargé d’assurer la sécurité de Jessie, la femme d'un riche homme d'affaires libanais, dans sa propriété « Maryland ». Tandis qu'il éprouve une étrange fascination pour la femme qu'il doit protéger, Vincent est sujet à des angoisses et des hallucinations. Malgré le calme apparent qui règne sur Maryland, Vincent perçoit une menace extérieure.

 

 

Le premier long d'Alice Winocour, Augustine, a connu un grand succès critique et a bénéficié de la présence de Vincent Lindon pour fédérer près de  200 000 entrées en salles. Trois ans plus tard, et alors qu'elle a coscénarisé le récent Mustang, candidat de la France pour les Oscars 2016, la réalisatrice change son fusil d'épaule et troque le drame en costumes contre un film d'action bien contemporain. Mais les deux films abordent finalement un thème commun, celui du regard d'un homme sur une femme. Le professeur Charcot était fasciné par la jeune Augustine et, ici, un militaire traumatisé par le combat et devenu garde du corps voit en l'épouse de l'homme qui l'emploie un nouvel objet de fantasme.

 

Matthias Schoenaerts prête son corps d'athlète et son regard fragile à la caméra d'Alice Winocour qui en fait un "gorille" instable, fasciné par Jessie (Diane Kruger, très bien) qu'il doit protéger pendant l'absence de son millionnaire de mari qui trempe dans des affaires louches. La mise en scène, au plus près des corps, sur fond de musique assourdissante composée par Gesaffelstein, donne chair à cette fascination, celle de celui qui pourrait être un pauvre type pour une femme, ni vraiment exceptionnelle ni vraiment banale, qu'il ne peut – a priori – pas atteindre. La cinéaste réussit à captiver sur peu de choses (un lieu unique ou presque, deux personnages principaux et un enfant) avec un grand talent de mise en scène, que ce soit dans la tension sourde de l'intime ou la violence d'une action particulièrement bien filmée – c'est assez rare dans le cinéma français pour le noter. Un survival movie d'auteur haletant.

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