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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Christian Vincent retrouve Fabrice Luchini dans L’Hermine, son nouveau film, chronique judiciaire et amoureuse toute en finesse. Prix du scénario et d’interprétation masculine à Venise.

"L'Hermine", un film de Christian Vincent

Michel Racine est un Président de cour d'assises redouté. Aussi dur avec lui qu'avec les autres, on l'appelle " le Président à deux chiffres ". Avec lui, on en prend toujours pour plus de dix ans. Tout bascule le jour où Racine retrouve Ditte Lorensen-Coteret. Elle fait partie du jury qui va devoir juger un homme accusé d'homicide. Six ans auparavant, Racine a aimé cette femme. Presque en secret. Peut-être la seule femme qu'il ait jamais aimée.

 

 

25 ans après La discrète, son premier long-métrage, Christian Vincent retrouve Fabrice Luchini. Entre temps, le réalisateur a connu de belles réussites avec notamment son chef-d’œuvre La séparation (avec Isabelle Huppert et Daniel Auteuil) en 1994 ou le récent succès Les saveurs du palais (avec Catherine Frot) en 2012. L’Hermine, dont la quasi-totalité se trouve en huis-clos dans un tribunal, mêle habilement chronique judiciaire documentée et romance mélancolique.

 

A l’opposé de son image grandiloquente et extravertie, Fabrice Luchini incarne ici un président de cour d’assises mélancolique, distant et peu prolixe. Enfermé dans des espaces impersonnels – sa chambre d’hôtel, son bureau, au fond d’un café banal – le magistrat mène une existence qui paraît étriquée, comme s’il était devenu spectateur de sa vie. Lors d’un procès, il va retrouver inopinément une femme qu’il a aimée en secret, campée par la troublante Sidse Babett Knudsen (héroïne de la série Borgen). Le film est fait de petits riens, de regards délicats et d’un scénario habile alternant un presque documentaire sur un procès d’assises et la radiographie d’un amour secret qui refait surface. Les seconds rôles épatants (en tête, Victor Pontecorvo, Corinne Masiero et Candy Ming – égérie de Groland) apportent à ce film un charme fou, une émotion et aussi un humour bienvenu. Une réussite récompensée par un Prix du scénario à Venise où Fabrice Luchini a reçu un prix d’interprétation, l’un des tous premiers trophées de sa longue carrière.

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