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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Elie Wajeman réunit Tahar Rahim et Adèle Exarchopoulos dans Les anarchistes, son nouveau film, un drame historique en forme de thriller. Une mise en scène soignée pour un film original mais qui ne tient pas toutes ses promesses.

"Les anarchistes", un film de Elie Wajeman

Paris 1899. Le brigadier Jean Albertini, pauvre et orphelin, est choisi pour infiltrer un groupe d’anarchistes. Pour lui, c’est l’occasion de monter en grade. Mais, obligé de composer sans relâche, Jean est de plus en plus divisé. D’un côté, il livre les rapports de police à Gaspard, son supérieur, de l’autre, il développe pour le groupe des sentiments de plus en plus profonds.

 

 

En reconstituant le Paris de 1899 et un groupe d'anarchistes, Elie Wajeman nous parle pourtant de thèmes qui ont traversé tout le XXème siècle et infusent encore aujourd'hui l'actualité : comment passe-t-on d'un idéal de société à la lutte armée ? Des anarchistes de l'extrême fin du XIXème aux mouvements contestataires en Europe dans les années 60/70 jusqu'aux militants contemporains, rien n'a changé, du moins dans le fonctionnement de ces groupes.

 

Tahar Rahim et Adèle Exarchopoulos, révélés par Jacques Audiard (Un prophète) et Abdellatif Kechiche (La vie d'Adèle) sont placés en figures de proue d'une nouvelle génération d'acteurs : Guillaume Gouix, Swann Arlaud ou Karim Leklou (lui aussi révélé par Un prophète), jeunes trentenaires et représentants d'un certain renouveau du cinéma français. La mise en scène soignée, image bleutée et caméra à l'épaule au plus près des corps et des visages, contraste avec des décors plus classiques de reconstitution d'un Paris en pleine mutation à l'aube du XXème siècle. L'interprétation fiévreuse et les dialogues ciselés rattrapent un scénario qui ne tient pas toujours sa promesse de rendre compte de ce mouvement – les anarchistes – trop souvent caricaturé. On regrette que l'histoire d'amour prenne trop le pas sur le mécanisme passionnant qui fait passer un groupe de jeunes idéalistes à une violence qui finit par les aveugler. Elie Wajeman signe toutefois un film sortant plutôt des sentiers battus et ce n'est déjà pas si mal.

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