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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Le scénariste Thomas Bidegain passe à la réalisation avec Les cowboys, un premier long-métrage épatant de maîtrise. Un film bouleversant, fort, porté par un casting d’exception et qui ne cède pas à la facilité.

"Les cowboys", un film de Thomas Bidegain

Une grande prairie, un rassemblement country western quelque part dans l’est de la France. Alain est l’un des piliers de cette communauté. Il danse avec Kelly, sa fille de 16 ans sous l’œil attendri de sa femme et de leur jeune fils Kid. Mais ce jour-là Kelly disparaît. La vie de la famille s’effondre. Alain n’aura alors de cesse que de chercher sa fille, au prix de l’amour des siens et de tout ce qu’il possédait. Le voilà projeté dans le fracas du monde. Un monde en plein bouleversement où son seul soutien sera désormais Kid, son fils, qui lui a sacrifié sa jeunesse, et qu’il traîne avec lui dans cette quête sans fin.

 

 

Son nom n’est peut-être pas connu du grand public mais Thomas Bidegain est l’un des scénaristes majeurs du cinéma français depuis une dizaine d’années. Il a coécrit les plus grands succès de Jacques Audiard (Un prophète, De rouille et d’os et la Palme d’or Dheepan) ainsi que les très beaux Saint Laurent de Bertrand Bonello et A perdre la raison de Joachim Lafosse. Avant cela, étant aussi musicien, il a même été la moitié d’un groupe électro (Good Sex Valdes) produit par Mylène Farmer ! Avec Les cowboys, présenté à Cannes 2015 dans la Quinzaine des Réalisateurs, l’auteur passe derrière la caméra avec l’ambition d’un western post-moderne.

 

Sur quinze ans, des premières manifestations du jihadisme en Europe dans le milieu des années 90 à l’émergence de l’Etat Islamique au début des années 2010, le film retrace l’odyssée obsessionnelle d’un père et de son fils (incroyables François Damiens et Finnegan Oldfield enfin au premier plan) pour retrouver leur fille et sœur, partie à 16 ans sans laisser de traces avec son fiancé pour rejoindre les rangs de la « guerre sainte ». Dans le fond comme la forme, Bidegain reprend les codes du western où les Arabes auraient remplacé les Indiens. Le personnage de François Damiens développe le même mépris pour eux que John Wayne pour les « peaux rouges ». Dès les premières images, on plonge dans un univers américain – une fête country – mais ramené à la dimension française. L’avancée dans une cité en proie aux islamistes ressemble à l’entrée dans un vieux saloon peuplé d’ennemis.

 

Avec sensibilité et un sens aigu de la dramaturgie – sans tomber dans le « film de scénariste », Thomas Bidegain offre un premier film d’une beauté confondante, toujours surprenant, jusque dans sa délicate séquence finale. La photo somptueuse d’Arnaud Potier et la musique de Raphaël enveloppent Les cowboys d’une douceur inattendue. Une belle surprise et un des meilleurs premiers films français de l’année.

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