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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Yorgos Lanthimos entre dans la cour des grands avec The lobster, son premier film en anglais et lauréat du Prix du Jury au Festival de Cannes 2015.

"The lobster", un film de Yorgos Lanthimos

Dans un futur proche… Toute personne célibataire est arrêtée, transférée à l’Hôtel et a 45 jours pour trouver l’âme sœur. Passé ce délai, elle sera transformée en l'animal de son choix. Pour échapper à ce destin, un homme s'enfuit et rejoint dans les bois un groupe de résistants ; les Solitaires.

 

 

Sur la Croisette, The lobster n'a laissé personne indifférent. OVNI de la compétition, le film est reparti avec le Prix du Jury présidé par les frères Coen. Habitué des dystopies grinçantes (Canine, Alps), le réalisateur grec filme pour la première fois des stars internationales (Colin Farrell, Rachel Weisz, John C. Reilly, Léa Seydoux, Ben Wishaw…) qu'il fait entrer dans son univers décalé. Dans ce troisième long-métrage, il imagine une société dans laquelle le célibat ne serait plus toléré et ceux qui n'ont pas trouvé l'âme-sœur ont le choix entre une cure où ils ont 45 jours pour rencontrer un / une autre célibataire sous peine d'être transformé en l'animal de leur choix ou entrer dans la clandestinité (les "Solitaires") pour vivre dans la forêt, chassé quotidiennement par les résidents de la cure qui gagnent des jours supplémentaires à chaque Solitaire capturé.

 

Le film se divise clairement en deux parties, la première dans l'hôtel où se déroule la "cure", avec un sens de l'absurde à la fois drôle et glaçant, la seconde dans la forêt, aux côtés des Solitaires et de leur quotidien qui ressemble à une cavale. Yorgos Lanthimos détourne les codes de la vie en société et en invente de nouveaux, tous plus absurdes, dans cette satire des relations amoureuses telles que nous les vendent les espaces publicitaires et un certain cinéma. Les célibataires sont aussi punis dans l'hôtel que les amoureux dans la forêt et le film dégage un profond cynisme sur la relation amoureuse, dans son archétype social. Sans donner d'explication ou de sens à tout cela, le cinéaste donne à voir un monde perverti par les conventions et achève son film sur un point d'interrogation. The lobster, inégal mais plaisant, a aiguisé la curiosité d'un jury peut-être en mal de (fausse) légèreté. Yorgos Lanthimos, cinéaste à suivre, nous prépare certainement d'autres surprises.

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