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Un cinéphile dans la ville.

Un cinéphile dans la ville.

Critiques ciné et autres.

Publié le par Hugo Brown
Publié dans : #Cinéma

Star du rap français, Orelsan se lance dans le cinéma avec une première réalisation, Comment c’est loin, comédie autobiographique qu’il interprète aux côtés de son complice Gringe. Un film séduisant qui alterne création musicale et réflexion pas si potache sur l’ennui.

"Comment c'est loin", un film de Orelsan

Après une dizaine d’années de non-productivité, Orel et Gringe, la trentaine, galèrent à écrire leur premier album de rap. Leurs textes, truffés de blagues de mauvais goût et de références alambiquées, évoquent leur quotidien dans une ville moyenne de province. Le problème : impossible de terminer une chanson. À l’issue d’une séance houleuse avec leurs producteurs, ils sont au pied du mur : ils ont 24h pour sortir une chanson digne de ce nom. Leurs vieux démons, la peur de l’échec, la procrastination, les potes envahissants, les problèmes de couple, etc. viendront se mettre en travers de leur chemin.

 

 

Après plusieurs mixtapes et des vidéos remarquées sur internet (Saint Valentin notamment), Orelsan, souvent accompagné de son complice Gringe, a connu la révélation au grand public en 2009 avec son premier album solo Perdu d’avance et le titre polémique Sale pute. En 2011, son excellent disque Le chant des sirènes sonne comme la consécration : deux Victoires de la Musique et plus de 120 000 exemplaires vendus. Orelsan retrouve Gringe pour l’album de leur duo Casseur Flowters (en référence à Maman, j’ai raté l’avion) en 2013, avec le même succès. Amateurs de cinéma, les deux amis décident d’écrire et réaliser Comment c’est loin, comédie partiellement autobiographique sur leurs débuts.

 

La mise en scène plutôt soignée de ce premier film, coréalisé avec Christophe Offenstein, le chef op de Guillaume Canet et réalisateur de En solitaire, fait appel à l’univers du clip, mais aussi à des références plus cinéphiles, de Judd Apatow à Michel Blanc (Marche à l’ombre). Les dialogues, redoutablement écrits, font mouche et montrent la facilité du rappeur à trouver des « punchlines » efficaces. Si le film souffre de quelques maladresses et facilités, on apprécie les jolies trouvailles comme la séquence de l’abribus qui devient le lieu d’un ennui empreint d’une réflexion existentielle. La BO, composée d’anciens titres et d’une dizaine d’inédits, est un plaisir pour ses fans. Un premier film rafraîchissant, assez original dans le paysage français.

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